Les bases

La fitrah (disposition innée) exprimée par l'athée Richard Dawkins

Traduction : La louange est à Allāh, Seigneur des mondes, et que la prière et le salut soient sur le Messager d'Allāh. Ceci dit :

La reconnaissance de la fitrah

Lors de son débat Fixed-Point à l'université d'Alabama (2007) avec John Lennox, Richard Dawkins déclare :

« Je pense que, lorsqu'on considère la beauté du monde et qu'on se demande comment il en est venu à être ce qu'il est, on est naturellement submergé par un sentiment de crainte révérencielle, un sentiment d'admiration, et l'on ressent presque le désir d'adorer quelque chose. Je ressens cela, je reconnais que d'autres scientifiques, comme Carl Sagan, le ressentent, Einstein le ressentait. Nous partageons tous une sorte de révérence religieuse pour les beautés de l'univers, pour la complexité de la vie. Pour l'immensité même du cosmos, l'immensité même du temps géologique. Et il est tentant de traduire ce sentiment de crainte révérencielle et d'adoration en un désir d'adorer une chose particulière, une personne, un agent. On veut l'attribuer à un artisan, à un créateur. »

Ce que Dawkins a décrit par ses mots « naturellement submergé », « on ressent presque le désir d'adorer quelque chose », « je ressens cela », « il est tentant de traduire ce sentiment de crainte révérencielle et d'adoration… », c'est la fitrah (disposition innée) qui est implantée dans chaque âme. Ibn al-Qayyim a dit : « Quiconque médite sur l'univers tout entier, ses parties supérieures et inférieures et toutes ses composantes, le trouvera témoignant de l'affirmation de son artisan, de son initiateur et de son possesseur. » (al-Madaarij 1/82). Les Prophètes et les Messagers ont été envoyés pour corroborer et parfaire ce sentiment auquel on ne peut échapper, cette fitrah, et pour la protéger de la corruption et de la violation par une raison fausse et corrompue et par la fausse religion, qui comprend l'adoration et la dévotion envers les choses créées, les croyances et pratiques superstitieuses, l'adoration des éléments, de la nature, des forces, des saints, la croyance aux présages, etc. La fitrah, c'est l'Islaam, et elle consiste à vouer exclusivement au créateur et artisan la dévotion et l'adoration vers lesquelles on se sent naturellement porté par une simple méditation sur l'univers et sur ce qu'il contient de merveilles et de prodiges. Les scientifiques le ressentent et le perçoivent ; même les scientifiques athées les plus convaincus ne peuvent y échapper, de leur propre aveu. C'est la « graine » qui est plantée dans le sol et qui, si on la laisse (dans les bonnes conditions), poussera et se développera en une plante qui finira par donner des fruits. C'est ce que les Prophètes et les Messagers ont été envoyés corroborer et parfaire : la fitrah, qui est implantée dans chaque âme (voir cet article : Humans May Be Primed to Believe in Creation). C'est pourquoi l'appel premier des Messagers s'adressait à cette faculté innée : (قَالَتْ رُسُلُهُمْ أَفِي اللّهِ شَكٌّ فَاطِرِ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضِ), « Leurs Messagers respectifs dirent : “Y a-t-il un doute au sujet d'Allaah, l'Initiateur (Faatir) des cieux et de la terre ?” » (14:10).

Le verset suivant du Qur'an fait référence à la fitrah (disposition innée) qui reconnaît, par une simple observation et une simple méditation, que la terre, les cieux et ce qui se trouve entre eux ont un créateur, un artisan.

﴿وَإِذْ أَخَذَ رَبُّكَ مِن بَنِي آدَمَ مِن ظُهُورِهِمْ ذُرِّيَّتَهُمْ وَأَشْهَدَهُمْ عَلَى أَنفُسِهِمْ أَلَسْتَ بِرَبِّكُمْ قَالُواْ بَلَى شَهِدْنَا أَن تَقُولُواْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ إِنَّا كُنَّا عَنْ هَذَا غَافِلِينَ﴾

« Et (rappelle-toi) lorsque ton Seigneur tira (créa) la descendance des enfants d'Aadam (par la semence) de leurs reins et les fit témoigner sur eux-mêmes : « Ne suis-Je pas votre Seigneur ? » Ils dirent : « Si, nous en témoignons », afin que vous ne disiez pas, au Jour de la Résurrection : « Nous étions certes inattentifs à cela. » » (Al-A'raf 7:172)

Les savants et exégètes de l'Islam ont expliqué ce verset dans le sens suivant :

Allaah crée la descendance des enfants d'Aadam (par le mécanisme conçu de la reproduction) et la fait se propager, génération après génération, chacun étant le produit de l'autre (mâle et femelle), et ils témoignent par la langue de la disposition (en plus de la langue de la parole) — en raison de ce qu'ils voient autour d'eux comme signes, prodiges et merveilles — qu'il existe un artisan et un créateur qui est l'initiateur de ce qu'ils observent et voient.

Cette disposition innée (fitrah) est une faculté intrinsèque fondée sur la connaissance qui, par une simple observation et une simple méditation, parvient à la conclusion que l'univers a, derrière lui, une puissance et une force créatrices, et l'âme est naturellement portée vers elle. De là, il n'y a qu'un pas simple vers une vérité axiomatique, à savoir que cette force et cette puissance créatrices possèdent la connaissance, la volonté, la puissance, la sagesse et le choix, et que nul ne partage avec cette entité ni ne lui est associé dans son essence ou ses attributs — et vers la reconnaissance de l'absurdité de la croyance selon laquelle le néant crée quelque chose, ou que les choses sont créées en l'absence de connaissance, de volonté et de puissance.

La dissimulation et le rejet de la fitrah par le kibr (l'orgueil) et le dhann (la conjecture)

Tandis que Dawkins parle librement de ce que lui et d'autres sont amenés à ressentir par l'observation et la méditation, il en vient à exprimer ce que le Qur'an appelle le kufr (la mécréance), qui signifie littéralement dissimuler. Une dissimulation et une noyade de la fitrah. Cela se fait par la prétention que la Science a émancipé les humains de cette impulsion.

« Ce que la Science a maintenant accompli, c'est une émancipation de cette impulsion qui pousse à attribuer ces choses à un créateur. Ce fut une réalisation suprême de l'intellect humain que de comprendre qu'il existe une meilleure explication… que ces choses peuvent survenir par des causes purement naturelles… nous comprenons essentiellement comment la vie est apparue. »

Il se trompe sur de nombreux points.

Premièrement : la majorité des humains, de façon écrasante, croient toujours en un créateur, même si la majorité d'entre eux adorent selon une fausse religion, en associant des partenaires dans l'adoration à l'artisan et créateur. Chose qu'ils auraient évitée s'ils étaient restés fidèles à ce que leur fitrah exige d'eux. L'impulsion est donc toujours présente, et les humains sont prédisposés à croire en la création, parce que c'est l'état naturel par défaut (voir l'article). Les Prophètes et les Messagers sont venus corroborer et parfaire cette disposition innée. Cependant, leurs suiveurs, avec le temps et avec la déformation et l'altération du message, se sont écartés de la fitrah et se sont mis à adorer de fausses divinités, à suivre la superstition, à adorer les éléments, à attribuer la divinité à des humains, à des animaux ou à des choses inanimées, etc., ce qui est entièrement un outrage à l'intellect. Dans le Qur'an : (وَمَا يُؤْمِنُ أَكْثَرُهُمْ بِاللّهِ إِلاَّ وَهُم مُّشْرِكُونَ) « Et la plupart d'entre eux ne croient en Allaah qu'en Lui attribuant des associés. » (Yusuf 12:106)

Deuxièmement : la science précise à laquelle Dawkins fait référence est fondée sur une affirmation métaphysique préalable du naturalisme (seules les « causes naturelles » existent), qui exige à son tour que tous les phénomènes soient expliqués uniquement par des « causes naturelles ». [Notez que les musulmans n'ont aucun problème avec les explications « naturelles » de ce qui est observé, puisqu'Allaah est le créateur de toutes les causes et de tous les effets (référez-vous à deux articles importants, ici et ici).] Mais, sur la base de cette définition de la science (seules les causes naturelles existent, et donc seulement des explications naturelles), les athées comme Dawkins pensent à tort avoir éliminé (par pure définition et par un jeu de mots) l'initiateur et créateur des causes naturelles et de leurs effets, puis ils avancent de pures conjectures (pour des scénarios sur l'origine de l'univers et l'origine de la vie) et prétendent que ce sont des certitudes. C'est là l'une de leurs plus grandes ambiguïtés et l'une de leurs plus grandes tromperies : ils utilisent la méthode scientifique (première définition de la science) pour faire des découvertes en étudiant les phénomènes naturels (qui ont été créés et conçus pour être tels qu'ils sont), puis ils prétendent que, parce qu'ils ont identifié des mécanismes et la manière dont les choses fonctionnent, leur artisan, concepteur et créateur n'est plus nécessaire dans les explications. C'est un jeu de mots, et vous feriez bien de lire attentivement ces deux articles pour percer à jour cette tromperie : Ibn Taymiyyah on the Affirmation of Natural (Material) Causes and the creed of the Naturalists — (voir ici) ; Ibn Al-Qayyim on the Affirmation of Material Causes, Forces, and Inherent Properties of Things — (voir ici).

Troisièmement : quant à l'affirmation de Dawkins, « …nous comprenons essentiellement comment la vie est apparue », c'est un mensonge énorme et fantaisiste, et c'est pourquoi Dawkins est considéré comme un charlatan par certaines factions de la communauté scientifique. Il est un adepte rigide de la « synthèse moderne » (néodarwinisme), qui prétend expliquer toute la diversité de la vie par le mécanisme des mutations aléatoires et de la sélection naturelle, ce que l'on sait désormais être faux et impossible. En conséquence, les évolutionnistes n'ont rien de crédible sur la table, et ils tentent de formuler une nouvelle « synthèse étendue ». C'est pourquoi Dawkins est souvent critiqué pour son attitude désinvolte et pour son manque de contact avec la science réelle. Dawkins colporte des mensonges comme celui-ci : « …nous comprenons essentiellement comment la vie est apparue » — en réalité, ni Dawkins ni aucune autre personne sur cette terre ne connaît le mécanisme supposé par lequel la vie est apparue pour la première fois (dans le cadre de l'explication matérialiste des origines de la vie). Toutes les études dans ce domaine (l'abiogenèse) ont engendré confusion et perplexité, et tout ce qui reste, ce sont de pures spéculations débridées, des fantaisies et des désirs de l'âme qui ne sont étayés par aucune preuve empirique.

Quatrièmement : en s'opposant à la fitrah, Dawkins et ses semblables posent une hypothèse préalable de naturalisme (car il n'y a pas d'autre possibilité une fois qu'on nie l'évidence) qui exige la conviction risible que le néant crée quelque chose, ou que la matière se crée elle-même et s'organise elle-même de manière intelligente — ce dont rient toutes les personnes intelligentes et celles dont la disposition innée n'a pas été corrompue. Pourtant, c'est sur cette croyance qu'ils ont construit leur science, et c'est cette croyance préalable qui les oblige à avancer une seconde définition truquée de la science. Cette croyance vient en premier, puis la science est définie et restreinte pour se conformer uniquement à cette croyance. Ce n'est pas que leur science leur dise que seules les causes naturelles existent. C'est que leur conviction préalable dans le naturalisme et le matérialisme les oblige à fonctionner sur une seconde définition truquée de la science (lisez cet article). Car la définition réelle de la science (utiliser la méthode scientifique : test, observation, hypothèse, nouveau test), c'est-à-dire la science empirique, ne prouvera jamais que le néant crée quelque chose, ou que la matière se crée elle-même et s'organise elle-même de manière intelligente, ou que le dessein survient par des processus aléatoires et non dirigés (toute l'entreprise industrielle et technologique humaine le réfute, le rend risible et en fait le propos d'un dément). Au contraire, tout ce qu'ils peuvent tirer de cette science empirique, c'est une compréhension de la manière dont les choses fonctionnent, et cette science empirique ne peut fonctionner qu'en supposant le dessein dans l'univers et dans la vie. Il n'y a donc pas d'échappatoire. Leur cas est semblable à celui de quelqu'un qui étudie un moteur en sachant qu'il est conçu, et qui, par une étude empirique, explique comment il fonctionne, puis prétend que, puisque nous avons expliqué comment une voiture peut se déplacer à la lumière de causes et d'explications purement naturelles, invoquer un fabricant n'est pas nécessaire. C'est un raisonnement vain, et c'est de l'orgueil, comme cela est clair pour toute personne saine d'esprit. C'est bien là le raisonnement qu'ils emploient ; ne vous laissez pas tromper par leurs objections ou leurs contre-arguments, lorsqu'ils disent : « ces choses sont manifestement conçues parce qu'on voit et observe que des humains les ont conçues ». Ce sont des contre-arguments fallacieux, et il faut un article séparé pour les démolir. En bref, le fait que les écarts entre l'industrie, la technologie et les systèmes biologiques se réduisent de plus en plus est une preuve que ce genre d'arguments est faux et ne peut tenir.

Mises à jour

Voici quelques commentaires sur Twitter :

Traduction : Carter Mobley @Theamologist : @YameenFilm @AbulyaadSP Cette page induit en erreur. Dawkins dit « on est tenté… », tout comme on est « tenté » de prendre à tort la terre pour une forme d'œuf.

Réponse : Dawkins dit : « on est naturellement submergé par un sentiment de crainte révérencielle, un sentiment d'admiration… il est tentant de traduire ce sentiment de crainte révérencielle et d'adoration… » — il reconnaît que la crainte révérencielle et l'adoration sont des sentiments qui sont produits, puis il dit qu'il est tenté de les diriger vers quelque chose de précis, et il dit : « On veut l'attribuer à un artisan, à un créateur… » — c'est ce désir, ce sentiment, cette disposition dont il est question, et que Dawkins affirme clairement.