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Mise en garde contre les apologistes musulmans : Zakir Naik, le Big Bang et le Qur'an

Traduction : La louange est à Allāh, Seigneur des mondes, et que la prière et le salut soient sur le Messager d'Allāh. Ceci dit :

L'histoire se répète encore et encore. Ce dont nous sommes témoins aujourd'hui de la part de nombreux apologistes musulmans qui débattent avec les athées, les scientifiques et les philosophes n'est qu'une reprise, sous de nombreux angles différents, des débats entre les Mutakallimeen (théologiens spéculatifs) et les Mutafalsifah (philosophes). Les théologiens spéculatifs tenaient pour vraie la grande « science » de leur époque (la logique, la philosophie et la métaphysique aristotéliciennes), l'acceptaient comme plateforme conceptuelle et philosophique de débat, et tentaient de défendre la croyance islamique sur cette base. Cela a donné lieu à d'innombrables querelles au fil des siècles, et beaucoup sont tombés dans la confusion et la perplexité. Il existe aujourd'hui des apologistes musulmans qui opèrent dans la même veine. De cette catégorie fait partie Zakir Naik, un homme qui commet des erreurs dans des questions élémentaires de la croyance islamique et dont les arguments polémiques satisfont à peine le raisonnement d'un enfant. Aujourd'hui, le monde musulman est affligé de gens comme Zakir Naik, qui sont inconscients des réalités, de l'époque et des circonstances dans lesquelles ils vivent. La mémorisation par cœur alliée à une compréhension superficielle donne un mauvais gâteau, et le style à la Deedat des années 1980 ne fonctionne plus dans un cyberenvironnement averti du XXIe siècle. Quand on réfléchit aux activités d'individus comme Zakir Naik, il semble que ces gens s'intéressent davantage à rassembler des partisans et des auditoires (pour leurs institutions et leurs organisations) qu'à chercher sincèrement à examiner, étudier et comprendre les doutes changeants des athées et des philosophes, et à les réfuter intelligemment et selon des méthodologies saines. Nous voyons quantité de bavardages pseudo-intellectuels, de raisonnements enfantins, à peine une once de compréhension des véritables enjeux, et des réponses superficielles (de l'apologétique). Ce type d'activité engendre en réalité le doute, les idées fausses, la confusion et, au bout du compte, l'athéisme. Dans certains pays musulmans, comme conséquence directe de cette apologétique bancale, des poches d'athéisme (et de naturalisme), quoique très, très petites, commencent à apparaître. Dans cet article, nous traiterons de l'une des déclarations de Zakir Naik dans le domaine de la cosmologie.

Avant de poursuivre, il est très important d'être clair sur les définitions et l'usage des mots. Lorsque nous employons le mot « univers », cela ne signifie pas « tout ce qui existe » ; il est plutôt employé de façon interchangeable, par pure commodité, avec les cieux et la terre dont parlent les textes révélés. À strictement parler cependant, il y a une distinction à faire entre « univers » et « cieux et terre ». Le Qur'an affirme que les « cieux et la terre » ont été créés, et le mot (عالَم) « univers, monde » n'est mentionné nulle part au singulier dans les textes révélés (seulement au pluriel, comme l'a indiqué Ibn Taymiyyah) ; nous développerons ce point dans un article séparé. Pour l'instant, il est important de noter que c'est par pure commodité que nous employons « univers » et « cieux et terre » de façon interchangeable.

Zakir Naik, le Big Bang et le Qur'an

Dans la séquence vidéo, Zakir Naik dit (citation) :

« Ensuite, posez-leur cette question. Les athées vont nous dire comment cet univers est venu à l'existence. Les athées vont nous dire qu'au départ il y avait une nébuleuse primaire, puis il y a eu un big bang, il y a eu une suppression secondaire qui a donné naissance aux galaxies, au soleil, à la lune et à la terre sur laquelle nous vivons. C'est ce que nous appelons le big bang. Quand avez-vous eu connaissance de cette création de l'univers ? Il vous dira qu'il y a environ 30 ou 40 ans, les scientifiques l'ont découvert. Posez-lui la question : mais ce dont vous parlez, le big bang, est déjà mentionné dans le Qur'an, dans la sourate al-Anbiya, chapitre numéro 21, verset numéro 30, qui dit : "Les mécréants n'ont-ils pas vu que les cieux et la terre étaient joints ensemble et que nous les avons séparés ?" Ce dont vous parlez, le big bang, est déjà mentionné dans le Qur'an il y a 1400 ans. Qui aurait pu mentionner cela ? »

Il y a sur ce point de nombreuses remarques :

01. Aucun scientifique athée ne croit qu'il y avait une « nébuleuse primaire » avant le Big Bang, qui aurait ensuite explosé. Ils parlent plutôt d'une « singularité » (une densité et une température infinies) à partir de laquelle toute la matière vient à l'existence en se dilatant. Mais déformer la position des scientifiques est le moindre des crimes de Zakir Naik. Un crime plus grave est de mentir sur le Livre d'Allaah, le Sublime et Exalté, et de déformer le verset en question pour le faire cadrer avec le modèle du Big Bang, afin d'« impressionner » l'athée ainsi que le musulman ordinaire qui ne sait pas qu'interpréter le Qur'an de cette manière est illicite, sans parler du fait de savoir que le modèle lui-même est conjectural, spéculatif et comporte toutes sortes de problèmes. Dans les points restants, nous développerons ce sujet afin d'en donner une image plus claire.

02. Tout d'abord, deux versets très importants du Qur'an, extrêmement pertinents ici, avant de poursuivre : le premier est la parole d'Allaah, l'Exalté, (مَا أَشْهَدتُّهُمْ خَلْقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ وَلَا خَلْقَ أَنفُسِهِمْ), « Je ne les ai pas pris comme témoins de la création des cieux et de la Terre, ni de leur propre création » (18:51). Et aussi la parole d'Allaah, l'Exalté, (لَخَلْقُ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضِ أَكْبَرُ مِنْ خَلْقِ النَّاسِ وَلَكِنَّ أَكْثَرَ النَّاسِ لَا يَعْلَمُونَ), « La création des cieux et de la terre est certes plus grande que la création des hommes, mais la plupart des hommes ne savent pas » (40:57). Premièrement, ni l'origine de l'univers ni celle de la vie n'ont été observées ; par conséquent, le savoir et la compréhension scientifiques humains dans ces domaines sont automatiquement limités, et seront déficients, incomplets et pleins de spéculation. C'est tout simplement une réalité, et certains des scientifiques les plus éminents (en cosmologie) admettent volontiers et humblement qu'une « théorie du tout », même si elle existe, pourrait être impossible à connaître. L'affirmation « nous y arriverons un jour » n'est qu'un fantasme. Le second point est que la création des cieux et de la terre est bien plus grande que la création de l'homme lui-même ; et puisque l'origine de la vie est aussi déconcertante qu'elle l'est, l'univers est encore plus déconcertant et déroutant. Cela se voit aussi à l'état actuel de la cosmologie : perdue, elle se raccroche à des fétus de paille. En raison de ces réalités, l'humanité ne peut que spéculer, dans des limites restreintes, sur ces questions, et n'aboutir qu'à un savoir lacunaire. Cela signifie que, lorsque des apologistes musulmans arrivent et se mettent à employer les théories et propositions spéculatives et provisoires de ces scientifiques, ils se placent dans une position très précaire, au bord d'une falaise. C'est ce que font des gens comme Zakir Naik : ils conduisent les gens au bord d'une falaise, en bâtissant leur eemaan au bord d'une falaise, qui peut basculer et s'effondrer à tout moment (lorsque l'opinion scientifique dominante change soudainement).

03. Les origines du modèle du Big Bang se trouvent dans la proposition, dans les années 1920, d'un univers en expansion par un prêtre jésuite belge du nom de Georges Lemaître, également astronome et physicien. On dit que cela a été corroboré quelques années plus tard par Edwin Hubble, qui a remarqué que les galaxies plus éloignées (moins lumineuses) ont un décalage vers le rouge plus grand et que les galaxies plus proches (plus lumineuses) ont un décalage vers le rouge plus petit. C'est la preuve centrale d'un univers en expansion et donc du modèle du Big Bang. L'idée d'un Big Bang, qui implique le chaos et le hasard, convient à la théorie de l'évolution, qui repose elle aussi sur le chaos et sur des processus non dirigés, et les deux forment un joli « tout-en-un » pour les athées et les naturalistes. C'est pourquoi la théorie du Big Bang et la théorie de l'évolution sont toutes deux défendues avec vigueur et protégées dans les institutions universitaires et les revues scientifiques. En même temps, la théorie du Big Bang est utile aux théologiens spéculatifs (les gens du kalaam) qui s'appuient sur l'argument cosmologique du kalam. Ils ont intégré la théorie du Big Bang à leur apologétique et à leurs polémiques contre les athées et les philosophes. Ces apologistes ignorent les raisons pour lesquelles le modèle du Big Bang est si rigoureusement défendu et soutenu. C'est parce qu'il appuie une vision du monde naturaliste et se combine parfaitement avec un modèle évolutionniste de l'origine de la vie. La cosmologie est vue à travers un prisme évolutionniste, comme cela ressort clairement de nombreux articles, publications et revues. Qu'il implique un commencement (bien que de nombreux athées soutiennent et argumentent que non) n'est qu'un aspect gênant du modèle, pour lequel les scientifiques ont théorisé des solutions.

04. Les musulmans ne devraient pas s'appuyer lourdement sur le modèle du Big Bang pour prouver que l'univers a eu un commencement (même si nous affirmons qu'il en a eu un). Cela pour plusieurs raisons : a) Dans le contexte plus large de la fausseté de la prétention selon laquelle, pour prouver un créateur, il faut prouver que l'univers a eu un commencement. C'est la prétention des gens de la théologie spéculative (kalaam), et elle est purement et simplement fausse. Au contraire, les voies et les méthodes pour affirmer un créateur de cet univers sont innombrables, nombreuses et variées, et ne tournent pas uniquement autour des origines de l'univers. Lisez-en davantage dans cet article : « Les méthodes et les voies pour affirmer un Artisan sont innombrables et ne sont pas restreintes » (voir ici). b) La théorie du Big Bang et les « faits » qui lui sont associés reposent sur des hypothèses qui, pour la plupart, ne sont pas présentées. Leur caractère « factuel » dépend en réalité de ces hypothèses. Ces hypothèses ne sont pas toujours divulguées ou explicitées, sauf dans les articles scientifiques. Quant aux manuels, aux livres de vulgarisation scientifique et aux médias, ces questions n'y sont pas divulguées, et il en résulte que le public est induit en erreur par l'affirmation d'un niveau de certitude que ne justifie pas la nature des preuves avancées, lesquelles dépendent elles-mêmes d'hypothèses préalables pour être valides. c) Les arguments relatifs au réglage fin n'exigent pas non plus l'acceptation du modèle du Big Bang. En fait, celui-ci va à l'encontre de l'intuition, car le modèle du Big Bang apporte avec lui le chaos et le désordre, qui appuient une évolution des galaxies due au hasard, par des forces créées par le Big Bang, préparant ainsi le terrain à une évolution due au hasard de la matière inorganique vers la matière organique et la vie sur les planètes. Concilier explosions, chaos et désordre avec l'harmonie, l'ordre et le réglage fin est une chose que ces athées doivent gérer ; c'est un problème qu'ils se créent eux-mêmes en affirmant le modèle du Big Bang. Mais le réglage fin lui-même peut s'expliquer en tant que tel, sans une explosion (ou expansion, appelez-la comme vous voudrez) violente, chaotique et sans ordre pour justifier la présence effective du réglage fin. Au contraire, une matière créée auparavant, avec des lois physiques préalables (qui ont été mises en place), dans un contexte d'ordre préalable, ainsi qu'une conception, une mise en œuvre habile et une création ordonnée, s'accordent davantage avec un univers finement réglé qu'une explosion chaotique comme point de départ.

05. La théorie du Big Bang compte un nombre croissant de détracteurs qui ont relevé de graves failles dans le modèle. Dans « An Open Letter to the Scientific Community » (Lettre ouverte à la communauté scientifique), publiée dans le New Scientist le 22 mai 2004, trente-quatre scientifiques ont écrit la lettre suivante :

« Le Big Bang repose aujourd'hui sur un nombre croissant d'entités hypothétiques, des choses que nous n'avons jamais observées — l'inflation, la matière noire et l'énergie noire en sont les exemples les plus marquants. Sans elles, il y aurait une contradiction fatale entre les observations faites par les astronomes et les prédictions de la théorie du Big Bang. Dans aucun autre domaine de la physique on n'accepterait ce recours continuel à de nouveaux objets hypothétiques comme moyen de combler l'écart entre la théorie et l'observation. Cela soulèverait, à tout le moins, de sérieuses questions sur la validité de la théorie sous-jacente.

Mais la théorie du Big Bang ne peut survivre sans ces facteurs d'ajustement arbitraires. Sans le champ d'inflation hypothétique, le Big Bang ne prédit pas le rayonnement de fond cosmique lisse et isotrope que l'on observe, car il n'y aurait aucun moyen pour des parties de l'univers aujourd'hui séparées de plus de quelques degrés dans le ciel d'atteindre la même température et donc d'émettre la même quantité de rayonnement micro-onde.

Sans une sorte de matière noire, différente de toute matière que nous ayons observée sur Terre malgré 20 ans d'expériences, la théorie du Big Bang fait des prédictions contradictoires sur la densité de matière dans l'univers. L'inflation exige une densité 20 fois plus grande que celle qu'implique la nucléosynthèse du Big Bang, l'explication que donne la théorie de l'origine des éléments légers. Et sans énergie noire, la théorie prédit que l'univers n'a qu'environ 8 milliards d'années, soit des milliards d'années de moins que l'âge de nombreuses étoiles de notre galaxie.

Qui plus est, la théorie du Big Bang ne peut se prévaloir d'aucune prédiction quantitative qui ait été ultérieurement validée par l'observation. Les succès revendiqués par les partisans de la théorie consistent en sa capacité à s'ajuster rétrospectivement aux observations grâce à un ensemble sans cesse croissant de paramètres ajustables, tout comme l'ancienne cosmologie géocentrique de Ptolémée avait besoin de couche sur couche d'épicycles.

Pourtant, le Big Bang n'est pas le seul cadre disponible pour comprendre l'histoire de l'univers. La cosmologie des plasmas et le modèle de l'état stationnaire supposent tous deux un univers en évolution sans commencement ni fin. Ces approches alternatives, et d'autres, peuvent aussi expliquer les phénomènes fondamentaux du cosmos, y compris l'abondance des éléments légers, la formation des structures à grande échelle, le rayonnement de fond cosmique, et la manière dont le décalage vers le rouge des galaxies lointaines augmente avec la distance. Elles ont même prédit de nouveaux phénomènes qui ont été observés par la suite, ce que le Big Bang n'a pas réussi à faire.

Les partisans de la théorie du Big Bang pourront rétorquer que ces théories n'expliquent pas toutes les observations cosmologiques. Mais cela n'a guère de quoi surprendre, car leur développement a été gravement entravé par une absence totale de financement. En effet, de telles questions et alternatives ne peuvent même pas, aujourd'hui encore, être librement discutées et examinées. Un échange d'idées ouvert fait défaut dans la plupart des conférences majeures. Alors que Richard Feynman pouvait dire que « la science est la culture du doute », dans la cosmologie d'aujourd'hui le doute et la contestation ne sont pas tolérés, et les jeunes scientifiques apprennent à se taire s'ils ont quelque chose de négatif à dire sur le modèle standard du Big Bang. Ceux qui doutent du Big Bang craignent que le dire ne leur coûte leur financement.

Même les observations sont désormais interprétées à travers ce filtre partial, jugées justes ou fausses selon qu'elles soutiennent ou non le Big Bang. Ainsi, les données discordantes sur les décalages vers le rouge, les abondances de lithium et d'hélium, la distribution des galaxies, entre autres sujets, sont ignorées ou ridiculisées. Cela reflète un état d'esprit de plus en plus dogmatique, étranger à l'esprit de la libre recherche scientifique.

Aujourd'hui, pratiquement toutes les ressources financières et expérimentales de la cosmologie sont consacrées aux études sur le Big Bang. Le financement ne provient que de quelques sources, et tous les comités d'évaluation par les pairs qui les contrôlent sont dominés par des partisans du Big Bang. En conséquence, la domination du Big Bang dans ce domaine est devenue autoentretenue, indépendamment de la validité scientifique de la théorie.

Ne soutenir que les projets s'inscrivant dans le cadre du Big Bang sape un élément fondamental de la méthode scientifique : la confrontation constante de la théorie à l'observation. Une telle restriction rend impossibles une discussion et une recherche impartiales. Pour y remédier, nous exhortons les organismes qui financent les travaux en cosmologie à réserver une part importante de leur financement aux recherches sur les théories alternatives et sur les contradictions observationnelles du Big Bang. Pour éviter toute partialité, le comité d'évaluation par les pairs qui attribue ces fonds pourrait être composé d'astronomes et de physiciens extérieurs au domaine de la cosmologie.

Allouer des fonds aux recherches sur la validité du Big Bang et sur ses alternatives permettrait au processus scientifique de déterminer notre modèle le plus exact de l'histoire de l'univers. »

Depuis sa publication, ce nombre est passé à 218 scientifiques et ingénieurs et 187 chercheurs indépendants. Notez que les explications alternatives et concurrentes postulent un univers éternel, mais cela ne signifie pas que, du simple fait que les musulmans croient que l'univers n'est pas éternel et qu'il a forcément eu un commencement, le modèle du Big Bang serait donc correct. Il appuie peut-être cette position mieux que d'autres modèles en apparence, mais il reste spéculatif, n'est pas exempt de failles majeures, et il est privilégié parce qu'il prépare le terrain aux origines de la vie par des processus aléatoires et non dirigés. Le chaos est le besoin psychologique de l'athée. C'est sa dose. Tant que cela peut être intégré à un système de croyance et à une vision du monde, il est content. C'est pourquoi le modèle du Big Bang est une addiction, et les scientifiques recourent volontiers au surnaturalisme (voir ci-dessous) pour le maintenir. Quant aux failles du modèle du Big Bang, on peut les exposer brièvement comme suit :

06. Premièrement : les résultats des données du satellite PLANCK publiés en mars 2013, qui soutiennent des résultats antérieurs indiquant que la Terre se trouve au centre de l'univers ou près de celui-ci, invalidant ainsi le principe cosmologique qui sous-tend le modèle du Big Bang. Un article séparé examine ce point plus en détail (voir ici).

07. Deuxièmement : le « modèle standard » d'origine du Big Bang (une explosion suivie d'un refroidissement et d'une condensation pour former les galaxies) ne fonctionne pas à lui seul. Ce modèle standard contredit, de bien des manières différentes, des données empiriques (d'observation) solides. L'un de ses principaux problèmes est que, dans ce modèle standard, il n'y a pas assez de temps pour que la vie se développe (autrement dit, nous ne devrions pas vraiment être là), car il n'y a pas assez de temps pour que les débris du Big Bang se forment en galaxies. Pour rafistoler cela, il faut ajouter au modèle une période de super-inflation afin d'accélérer rapidement les choses au tout premier stade (en temps quantique). Ce n'est bien sûr que de la spéculation. Cela signifie qu'après l'explosion initiale, il y aurait eu une période de super-inflation qui aurait fait se dilater l'univers rapidement (plus vite que la vitesse de la lumière), puis cette inflation se serait arrêtée et l'expansion normale aurait continué comme avant. C'est de l'affabulation. Avec cet ajout, le nouveau modèle est appelé « modèle inflationnaire du Big Bang ». Après cela, la matière noire a été ajoutée au modèle pour rendre compte des anomalies entre le modèle et ce que l'on observe de la vitesse de déplacement des étoiles dans les galaxies, ainsi que du manque de matière dans l'univers. Les étoiles, les planètes et le gaz ne constituent que 4 % de la matière de l'univers. Ils ont donc ajouté au modèle le concept de matière noire (constituant 23 %) pour ajouter davantage de gravité dans le mélange, afin que les galaxies puissent se former facilement et plus rapidement. Mais cela ne suffit toujours pas à faire fonctionner le modèle et à le faire cadrer avec les observations empiriques, car ils ont affirmé que l'expansion de l'univers est maintenant en train de s'accélérer (au lieu de ralentir). L'énergie noire (constituant 73 %) est donc une autre rustine pour expliquer cela et faire fonctionner la théorie ; c'est une force antigravitationnelle. Les formes dominantes de la matière (constituant 96 %) dans l'univers sont en réalité toutes hypothétiques. Ils n'ont aucune idée de ce que représentent ces termes (matière noire, énergie noire). Ce ne sont que des termes inventés, dépourvus de tout sens et de toute réalité tangible. C'est du surnaturalisme invoqué pour expliquer le naturel. C'est une contradiction flagrante avec leur définition truquée de la science (voir ici), qui exige que seules des causes matérielles (observables) servent d'explication. Ils n'envisagent pas la possibilité que la théorie elle-même (l'ordre à partir du chaos, la vie à partir d'une explosion) puisse être fondamentalement viciée. Ce qu'ils font ici, c'est inventer des facteurs d'ajustement arbitraires. Lorsque les observations empiriques ne valident pas la théorie, on fait intervenir des hypothèses et des croyances métaphysiques et surnaturelles pour rafistoler ces failles. Les expériences sont conçues pour valider les hypothèses, afin que l'on puisse dire que la théorie dans son ensemble est validée (par la validation des hypothèses et non des éléments centraux de la théorie). Il faut être prudent pour distinguer ce qui est prouvé et établi par des données empiriques solides de ce qui est simplement construit comme un instrument rhétorique (et présenté comme un fait) pour faire face à des observations empiriques gênantes (comme le réglage fin, par exemple). Il y a beaucoup de tours de passe-passe.

Bien que la spéculation visant à ouvrir des champs de recherche soit nécessaire dans la science d'investigation, il faut se rappeler que, loin de la certitude affichée, tout ce que les scientifiques peuvent revendiquer, c'est la possession d'explications subjectives (motivées par l'idéologie) des données, qui semblent expliquer certaines choses mais en laissent beaucoup plus sans réponse. C'est ce qu'exige l'honnêteté. Cependant, les auteurs de vulgarisation scientifique, les magazines et beaucoup de ces athées arrogants prétendent que leurs idées et leurs théories sont des « faits » et des « certitudes ». Tout ce qu'ils ont, c'est une interprétation parmi beaucoup d'autres des faits disponibles, et des idées, explications et théories différentes, tout aussi valables, peuvent être construites autour de ces mêmes faits. Cependant, comme le montre l'histoire, les paradigmes scientifiques sont toujours liés aussi à la culture, à la vision du monde, à la richesse, au statut et au pouvoir, et souvent, on ne permet pas aux paradigmes concurrents de prendre pied, en raison des mécanismes de protection mis en place pour protéger le système de croyance actuel, qui est mêlé à la théorisation scientifique.

Nous pouvons donner ici un exemple pour montrer le genre de processus qui est à l'œuvre. Imaginez une personne totalement innocente, soupçonnée de meurtre. Si vous voulez absolument qu'elle soit coupable de ce meurtre, il n'est pas difficile de construire, avec de l'imagination, des preuves pour aider à la faire condamner. À chaque étape, vous pouvez faire des suppositions, inventer des explications, rassembler des preuves indirectes et bâtir progressivement un dossier solide. Il arrive un moment au-delà duquel l'accumulation de preuves apparentes est devenue si forte que la possibilité de vous être trompé dans votre supposition initiale a été jetée par la fenêtre. Ensuite, chaque fois que des objections sont soulevées, vous pouvez facilement trouver des explications pour les écarter. Même lorsqu'une preuve claire et flagrante est apportée, qui sape la supposition initiale, elle peut simplement être écartée d'emblée ou être expliquée de manière imaginative, et il devient alors très difficile de réfuter le dossier, car des ressources imaginatives et créatives sont toujours disponibles pour proposer des explications adéquates. Plus la supposition (la théorie) est large et englobante, plus il est facile de trouver des explications pour combler les lacunes. Maintenant, quand on considère que des milliards de dollars (de subventions), des institutions et des carrières dépendent du maintien d'une certaine vision du monde fondée sur certaines théories scientifiques, il devient très facile d'écarter les preuves contraires. Qui va renoncer à la poule aux œufs d'or ? Cela donne donc un aperçu de ce qui peut se passer dans le domaine de la recherche scientifique. Est pertinente ici une déclaration de Peter Woit, publiée sur le blog en ligne du Scientific American : « Mes propres préoccupations morales au sujet du multivers tiennent plutôt à la crainte qu'une pseudo-science soit fortement promue auprès du public... si une idée fausse est promue pendant assez d'années, elle entre dans les manuels et devient partie intégrante de la sagesse conventionnelle sur le fonctionnement du monde. Ce processus est désormais bien engagé avec la pseudo-science du multivers ». La théorie du multivers affirme que de nombreux (voire une infinité de) Big Bangs ont lieu et que des univers sont créés en permanence par des processus inflationnaires. Le but de cette théorie est de se débarrasser du problème du réglage fin de cet univers.

08. Troisièmement : il y a une controverse croissante qu'on ne pourra pas facilement écarter. Cette controverse porte sur le fondement sur lequel on prétend que l'univers est en expansion. L'effet de décalage vers le rouge (aussi appelé effet Hubble) est présenté comme la preuve que les galaxies s'éloignent les unes des autres. Cependant, l'étude d'un nombre croissant de quasars sape cette affirmation. Cela a à son tour de graves implications sur tout le reste, sur l'âge de l'univers et donc sur la théorie de l'évolution. Cela met en péril tout le « tout-en-un » naturaliste. De nombreux quasars sont vus comme des éjections de galaxies existantes, auxquelles ils sont reliés par des courants de plasma. Il existe de nombreux exemples étudiés où un quasar se trouve juste à côté d'une galaxie (reliés par un courant de plasma), mais où les décalages vers le rouge des deux sont très différents. Cela indiquerait que l'effet de décalage vers le rouge n'est pas exclusivement lié à la vitesse.

Traduction : Dans le Grand et le Petit Nuage de Magellan (LMC et SMC), des supergéantes individuelles ont été bien observées aujourd'hui. Il suffit de regarder leurs décalages vers le rouge pour voir qu'ils sont effectivement systématiquement plus élevés que la moyenne du reste de la matière de la galaxie. En fait, le niveau de confiance de ce seul résultat de premier ordre est de 99,8 %.

Mais si nous corrigeons en outre les décalages spectraux rapportés (toujours appelés à tort vitesses radiales dans la littérature) des vitesses d'écoulement du vent stellaire, nous constatons que presque chaque supergéante dans les deux Nuages de Magellan présente un excès de décalage vers le rouge par rapport au décalage spectral moyen bien déterminé des étoiles et du gaz restants de la galaxie (Arp 1992b).

Ce résultat vaut-il pour la galaxie la plus proche de toutes, notre propre Voie lactée ? Assurément, et on le sait depuis 1911, lorsque W. W. Campbell a annoncé l'effet « K » ! Mais les étoiles chaudes et jeunes de notre propre Galaxie ne peuvent pas toutes s'éloigner de nous en explosant dans toutes les directions où nous regardons. Si l'on avait tenu compte de cette preuve empirique, l'hypothèse selon laquelle les décalages vers le rouge ne signifient que la vitesse n'aurait peut-être jamais été faite, et la conclusion que l'univers est en expansion n'aurait peut-être jamais été promulguée.

Autrement dit, le décalage vers le rouge n'est pas exclusivement un indicateur de mouvement, mais peut aussi indiquer une variation de la densité électronique dans les galaxies. Cela remet alors en question la théorie dans son ensemble, car l'expansion de l'univers repose sur l'effet de décalage vers le rouge, qui fournit la base du modèle du Big Bang. Vous pouvez consulter quelques articles sur le sujet des « anomalies du décalage vers le rouge » (ici), (ici : résumé, conclusion), (ici). Il existe beaucoup d'autres études dans ce domaine, et ce ne sont que des échantillons. Les prêtres et le clergé scientifiques du modèle du Big Bang tentent d'écarter ces données empiriques d'observation. Vous pouvez faire des recherches sur ce sujet avec « non-cosmological red-shift », « intrinsic red-shift », « red-shift anomaly », « Halton Arp », « Quasars, Redshifts and Controversies », mais préparez-vous à patauger dans beaucoup de propagande et dans le protectionnisme mafieux habituel qui entoure les théories jalousement gardées. Il y a des tentatives pour escamoter ce problème et pour discréditer ce qui sont des données empiriques d'observation claires, au moyen d'expériences statistiques et d'autres méthodes, dont aucune ne peut l'emporter sur des données empiriques d'observation. De nombreux articles scientifiques tentent d'escamoter ou de discréditer ces observations. Dans un article du New Scientist, « Time waits for no quasar - even though it should » (n° 2755, 8 avril 2010), Martin Chown écrit : « Pourquoi les galaxies lointaines semblent-elles vieillir au même rythme que celles qui sont plus proches de nous, alors que la théorie du Big Bang prédit que le temps devrait sembler ralentir à de plus grandes distances de la Terre ? Personne ne peut encore répondre à cette nouvelle question, mais une idée controversée est que la lumière des galaxies est déviée par des trous noirs intermédiaires qui se seraient formés peu après le Big Bang ». Des idées controversées ne suffisent guère à escamoter des données empiriques d'observation solides. Quand on considère l'implication que cela a sur la cosmologie standard, il est essentiel de lire attentivement et entre les lignes pour détecter la propagande. Si l'effet de décalage vers le rouge n'est pas exclusivement une mesure de la vitesse, cela signifie que le modèle du Big Bang s'effondre. Cela signifie aussi que l'âge de l'univers est faux. Cela a alors des implications pour la théorie de l'évolution également.

09. Quatrièmement : on a découvert des structures massives qui contredisent carrément le modèle du Big Bang. Le modèle du Big Bang suppose une uniformité dans la distribution des galaxies dans tout l'espace. Un exemple de structure anormale est le grand groupe de quasars (LQG), long de 4 milliards d'années-lumière. Des structures de cette taille sont tout simplement impossibles selon le modèle du Big Bang. Reportez-vous à cet article de Science Daily (capture d'écran).

« L'équipe, dirigée par le Dr Roger Clowes du Jeremiah Horrocks Institute de l'UCLan, a identifié ce LQG, dont la taille est si importante qu'il remet aussi en cause le principe cosmologique : l'hypothèse selon laquelle l'univers, vu à une échelle suffisamment grande, paraît identique quel que soit l'endroit d'où on l'observe. La théorie moderne de la cosmologie se fonde sur les travaux d'Albert Einstein et dépend de l'hypothèse du principe cosmologique. Ce principe est supposé, mais n'a jamais été démontré par l'observation "au-delà de tout doute raisonnable"... "C'est significatif non seulement en raison de sa taille, mais aussi parce que cela remet en cause le principe cosmologique, largement accepté depuis Einstein. Notre équipe a examiné des cas similaires qui donnent encore plus de poids à cette remise en cause, et nous continuerons à étudier ces phénomènes fascinants." »

De plus, on a trouvé des galaxies évoluées et bien formées âgées de près de 11 milliards d'années (selon les mesures du décalage vers le rouge), comme la galaxie BX442. Une galaxie spirale bien définie et bien formée, 3 milliards d'années après le Big Bang, n'est pas possible. Reportez-vous à cet article de Science Daily (capture d'écran) :

« "Le fait que cette galaxie existe est stupéfiant", a déclaré David Law, auteur principal de l'étude et chercheur postdoctoral au Dunlap Institute for Astronomy & Astrophysics de l'Université de Toronto. "Selon les connaissances actuelles, de telles galaxies spirales de type 'grand design' n'existaient tout simplement pas à une époque aussi reculée de l'histoire de l'univers." Une galaxie de type « grand design » possède des bras spiraux marqués et bien formés. »

Cela entre en conflit avec le modèle du Big Bang, dans lequel de telles galaxies ne peuvent en aucun cas exister aussi tôt. Des scientifiques ont tenté d'escamoter ce problème en prétendant qu'une galaxie naine voisine avait apporté une aide gravitationnelle, et la preuve de cette idée est présentée au moyen de « simulations numériques ». Si vous voulez que quelque chose (un effet imaginé) devienne réel, vous pouvez très facilement le rendre réel (lui insuffler la vie) au moyen de mathématiques sur papier ou de simulations sur ordinateur ! Notez qu'un grand nombre de « vérités » sont souvent affirmées de cette manière, avec peu de lien avec la réalité effective (les preuves empiriques).

10. Ces découvertes gênantes (en particulier les données du satellite PLANCK et l'anomalie du décalage vers le rouge) ne peuvent pas être facilement écartées par des slogans tels que « cosmologie non standard », « opinions controversées qui ne s'accordent pas avec le modèle standard de la cosmologie physique » ou « contredit le modèle accepté ». Ce qu'ils veulent vraiment dire, c'est que, lorsque des données solides, empiriques, physiques et observables se heurtent à notre théorie, nous n'allons pas les accepter, parce qu'elles sont controversées et ne s'accordent pas avec notre croyance (et notre vision du monde) ! Beaucoup de leurs explications surnaturelles ne sont conçues que pour aider à escamoter le réglage fin de cet univers, et c'est là qu'interviennent la théorie des cordes et les multivers. Au bout du compte, il faut aussi du « surnaturel » en cosmologie ! Il n'est pas facile de séparer l'idéologie de la science.

11. Quel est donc le propos ici ? Le propos est de montrer qu'il n'y a aucune certitude dans ces modèles proposés et qu'ils ont des failles. À la lumière de cela, utiliser de simples spéculations pour argumenter en faveur de ce qui est mentionné dans les textes révélés revient à fabriquer des mensonges et à parler sans savoir. Ainsi, les musulmans doivent se méfier d'individus comme Zakir Naik, qui poussent les musulmans vers des doutes dans leur aqidah et leur eemaan par le type de polémique simpliste et enfantine que vous avez vu plus haut. Et cela sans parler du crime de déformer le Livre d'Allaah, l'Exalté. Utiliser le verset « Ceux qui ont mécru n'ont-ils pas vu que les cieux et la Terre étaient ensemble (رتقا) et que Nous les avons séparés, et que de l'eau Nous avons créé toute chose vivante ? » (21:30) pour désigner la « singularité » de l'hypothèse du Big Bang est vain, car dans l'hypothèse du Big Bang tous les corps (étoiles, planètes et matière gazeuse) étaient réunis en une seule masse, aucun corps ni aucune entité n'en étant exclu. Les textes révélés indiquent qu'il y avait de l'espace, du temps et de la matière avant les cieux et la Terre. Des entités créées existaient aussi avant cet univers. Il y a une mention explicite d'une mesure du temps antérieure. Cela indique à son tour la présence d'un ordre et de lois physiques antérieurs à cet univers. Les cieux et la terre ont été créés à partir d'une matière antérieure (qui a elle-même été produite) et non à partir de « rien ». En rassemblant ces éléments, il est plus raisonnable d'accepter une construction (création) ordonnée, planifiée, systématique et finalisée des cieux et de la terre à partir d'une matière créée antérieurement, dans un contexte d'ordre et de régularité préalables, qu'un fouillis aléatoire, chaotique et explosif amené à l'ordre sous supervision. Mais au terme de toute cette discussion, nous réitérons ce que nous avons dit au début. Il n'est pas possible d'atteindre un savoir certain dans ces domaines, car nous traitons d'événements passés, non observés. Ainsi, tous les détails précis et les mécanismes proposés concernant l'origine et la création des cieux et de la terre ne sont en grande partie que des spéculations bâties sur des informations lacunaires. La méthode scientifique ne peut pas mener à un savoir certain dans ces domaines particuliers, car il y a des limites à ce qui peut être connu, ainsi qu'une insuffisance des outils d'observation et d'investigation, de sorte que tout reste provisoire et spéculatif. Par conséquent, il est plus sain et plus sûr, du point de vue de la raison, de rester dans les limites de ce qui est clair et apparent dans les textes révélés et de s'abstenir de parler sans savoir, au lieu de chevaucher les spéculations des athées et des scientifiques, (إِن يَتَّبِعُونَ إِلاَّ الظَّنَّ وَإِنْ هُمْ إِلاَّ يَخْرُصُونَ), « Ils ne suivent que des conjectures (ils émettent des opinions) et ne font que des suppositions » (6:116), puis de tenter de donner aux textes révélés des explications fondées là-dessus, qui ne sont en réalité que conjectures et mensonges.