Dawkins
Richard Dawkins : seulement l'« apparence » d'un « dessein en vue d'une finalité » — des forces physiques aveugles « imitent un dessein conscient » pour créer des entités complexes

Traduction : La louange est à Allāh, Seigneur des mondes, et que la prière et le salut soient sur le Messager d'Allāh. Ceci dit :
Vérités évidentes par elles-mêmes (Bayyinaat)
La connaissance que l'homme ne s'est pas créé lui-même, ni n'a créé le moyen (la reproduction) par lequel sa création et sa venue à l'existence sont rendues possibles, est une vérité évidente par elle-même, car chacun sait qu'il ne s'est jamais fait passer lui-même du non-être à l'être (19:67). Cela s'étend aussi à tous les êtres vivants : ils ne se sont pas donné eux-mêmes leur origine. De même, la connaissance qu'il n'a pas créé l'univers dans lequel il réside est une vérité évidente par elle-même (52:35), tout comme la connaissance que l'univers ne s'est pas créé lui-même (sans une force extérieure) est une vérité évidente par elle-même ; et de même, la connaissance que des univers multiples ne viennent à l'existence que par une force extérieure à leur ensemble est une vérité évidente par elle-même (52:36). Toute cette connaissance est innée, intuitive et nécessaire, et ne requiert aucune preuve empirique. Une fois tout cela établi, sans pouvoir être contesté ni nié, il ne reste que trois possibilités : soit « le néant a créé quelque chose », soit « quelque chose s'est créé lui-même », soit « quelque chose a créé autre chose ». Voilà ce à quoi la question se ramène en définitive. La question ultime est donc : est-il plus sain, selon l'intuition innée, la perception sensorielle et la raison, de croire que « le néant a créé quelque chose », ou que « quelque chose s'est créé lui-même », ou que « quelque chose a créé ce qui est autre que lui » ? Toutes les personnes saines d'esprit (même les athées) diront la dernière : « quelque chose a créé quelque chose » (une chose ne peut être créée que par autre qu'elle). Une fois établi qu'affirmer « quelque chose a créé quelque chose » est plus sain selon la raison, la connaissance de ce « quelque chose » qui a créé ce qui est autre que lui ressort de la réalité et de la nature de ce qu'il a créé. Cela est indéniable. De même que l'on affirme l'existence des particules et des forces par leur effet observé (athar) (bien que personne ne les voie directement, ni même ne comprenne comment elles fonctionnent), de même les cieux et la terre sont l'effet (athar) par lequel on peut dire que l'existence du « quelque chose » qui se trouve derrière eux est vraie et réelle. Jusqu'ici, il ne peut y avoir de véritable contestation, et c'est ici que la bataille commence réellement. Toutes les personnes saines d'esprit, honnêtes et intègres voient le dessein, l'ordre et la finalité dans l'univers, sur la Terre et chez les êtres vivants, dans leurs interactions, leur interdépendance, les diverses facultés et caractéristiques que l'on trouve chez les êtres vivants, et les systèmes d'information complexes qui les sous-tendent et qui surpassent tous les systèmes et architectures informatiques connus. Cela est indéniable. C'est une preuve directe, de première main, de l'existence d'un Initiateur et des qualités nécessaires à un tel Initiateur (connaissance, volonté, puissance, sagesse). C'est ici que l'on commence à voir la hauteur et la prétention de ceux qui ne parlent que d'« illusion » et d'« apparence » de dessein (afin de saper le dessein réel, si clairement évident). En effet, une fois que le dessein, l'ordre et la finalité sont clairement établis par l'observation (que ce soit par le profane ou par le scientifique), la conclusion logique et rationnelle s'ensuit nécessairement, et cela ne peut être défait. C'est pourquoi l'on dit que la croyance en un Initiateur est fitriyy (innée) et dhurooriyy (nécessaire), et c'est pourquoi tous les messagers envoyés ont dit : (قَالَتْ رُسُلُهُمْ أَفِي اللّهِ شَكٌّ فَاطِرِ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضِ), « Et leurs messagers dirent : y a-t-il un doute au sujet d'Allaah, l'Initiateur des cieux et de la terre ? » (14:10). Ainsi, la connaissance que l'existence de l'univers, de la terre et de toutes les formes de vie indique nécessairement un Initiateur est une chose évidente par elle-même. C'est une conclusion nécessaire tirée de l'ensemble de la perception et de l'expérience humaines. C'est une chose si claire, enracinée dans la disposition innée, dans le psychisme humain. C'est pourquoi personne, pas même un athée, ne peut éviter d'employer un langage téléologique (qui implique un dessein) dans l'étude de l'univers, des phénomènes qu'il contient et de tous les êtres vivants. La signature du dessein est flagrante et évidente, et le langage téléologique (même involontaire) se trouve dans des millions et des millions d'articles de recherche écrits et publiés dans les domaines de la physique, de l'astronomie et de la biologie. L'intelligibilité rationnelle (le fait même que l'univers puisse être étudié rationnellement) et le langage téléologique inévitable qu'emploient les athées pour décrire ce qu'ils voient dans leurs études réfutent leur croyance naturaliste et indiquent de l'arrogance lorsqu'ils qualifient ce qu'ils étudient d'« illusion » et d'« apparence » de dessein. Ils n'auraient pas pu étudier logiquement et rationnellement l'univers et la vie qu'il contient s'il n'avait pas été conçu. Dès lors, tous leurs arguments contraires (aussi sophistiqués ou compliqués soient-ils) se ramènent à a) « le néant a créé quelque chose » ou b) « quelque chose s'est créé lui-même » ou c) s'ils affirment que « quelque chose a créé quelque chose » (ce qui est inévitable), ils l'expliquent par ce qui prête à rire : une « loi » de la gravité déjà existante aurait créé l'univers, ou les forces aveugles de la physique auraient créé la première cellule vivante par pur hasard, laquelle aurait ensuite été guidée jusqu'à la diversité et l'homologie actuelles du vivant par la sélection naturelle agissant sur des mutations aléatoires du matériel génétique. En réalité, c'est de leur part l'affirmation d'un créateur, sauf qu'il ne s'agit pas d'un créateur omniscient, doué de volonté et agissant avec finalité, mais d'un créateur aveugle et sans finalité (un « horloger aveugle »), ce qui revient en réalité à « la matière s'auto-organise et crée ». Tout cela est une insulte à l'intelligence, pure conjecture et arrogance face à une vérité évidente par elle-même. Ces affirmations et explications découlent d'une adhésion préalable au matérialisme, et non de ce que l'observation, l'expérimentation et les données scientifiques auraient prouvé que des forces physiques aveugles créent des organismes vivants complexes (cela relève d'une foi aveugle et d'une insulte à la raison).
أَمْ خُلِقُوا مِنْ غَيْرِ شَيْءٍ أَمْ هُمُ الْخَالِقُونَ أَمْ خَلَقُوا السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ بَل لَّا يُوقِنُونَ
Ont-ils été créés par rien ? Ou sont-ils les créateurs (d'eux-mêmes) ? Ou ont-ils créé les cieux et la terre ? Non, ils n'ont aucune réelle certitude. (52:35-36)
Dès lors, il incombe à l'athée de prouver que l'univers (dans tout son ordre, sa magnificence, son équilibre et son harmonie) et la vie sur Terre ne sont pas l'œuvre d'un Créateur omniscient, doué de volonté et capable, puisque c'est là la position rationnelle et axiomatique par défaut, innée dans la nature humaine. Les explications contraires qu'ils avancent reposent sur une adhésion préalable au naturalisme (matérialisme), qu'ils ont choisi pour des raisons psychologiques, et non rationnelles. Ainsi, tout ce qu'ils avancent pour invalider cette nécessité rationnelle — théories du multivers, systèmes complexes de reproduction génétique surgissant miraculeusement d'une soupe primitive sous l'action des forces aveugles de la nature, théories M mystiques, temps imaginaire, sélection naturelle agissant sur des mutations aléatoires du code génétique (lesquelles requièrent en réalité l'existence préalable de systèmes complexes de reproduction génétique plus complexes que les ordinateurs les plus délibérément conçus, et dont ils n'ont aucune explication de l'origine), ainsi que la variété de tours de passe-passe philosophiques et de jeux de mots psychologiques — tout cela est pure conjecture (et ils le savent).
Allah, le Très-Haut, a dit : (قَالَتْ رُسُلُهُمْ أَفِي اللّهِ شَكٌّ فَاطِرِ السَّمَاوَاتِ وَالأَرْضِ), « Leurs messagers respectifs dirent : « Y a-t-il un doute au sujet d'Allaah, l'Initiateur des cieux et de la terre ? » » (14:10) ; Il a dit : (فَلَمَّا جَاءتْهُمْ رُسُلُهُم بِالْبَيِّنَاتِ فَرِحُوا بِمَا عِندَهُم مِّنَ الْعِلْمِ), « Et lorsque leurs messagers leur apportèrent des preuves évidentes, ils exultèrent de la connaissance qu'ils possédaient » (40:83) ; Il a dit : (وَقَالُوا مَا هِيَ إِلَّا حَيَاتُنَا الدُّنْيَا نَمُوتُ وَنَحْيَا وَمَا يُهْلِكُنَا إِلَّا الدَّهْرُ وَمَا لَهُم بِذَلِكَ مِنْ عِلْمٍ إِنْ هُمْ إِلَّا يَظُنُّونَ), « Et ils disent : « Il n'y a que la vie de ce bas monde ; nous mourons et nous vivons, et seul le temps nous fait périr. » Mais ils n'en ont aucune connaissance (quelle qu'elle soit). Ils ne font que conjecturer. » (45:24) ; Il a dit : (إِن يَتَّبِعُونَ إِلاَّ الظَّنَّ وَإِنْ هُمْ إِلاَّ يَخْرُصُونَ), « Ils ne font que conjecturer (émettre des opinions) et ne font que supposer » (6:116) ; et Il a dit : (ذَلِكَ مَبْلَغُهُم مِّنَ الْعِلْمِ), « Voilà la somme de leur savoir » (53:30).
La perspective véritable et réelle du champ de bataille athée est qu'ils tentent de combattre la nécessité sensorielle, intuitive et rationnelle, parce qu'ils ont choisi le matérialisme comme position par défaut pour des raisons qui sont en réalité psychologiques (et non rationnelles). Leur usage ultérieur de la philosophie et de la science vise à faire paraître rationnel leur déni psychologique ; ce que nous avons alors, c'est une logique circulaire qui se déroule ainsi : « En observant et en étudiant les êtres vivants, le monde et l'univers, nous n'observerons jamais Dieu. Nous avons étudié les êtres vivants, le monde et l'univers et n'avons jamais trouvé le moindre signe de Dieu. Dieu n'existe pas. » Et, d'une autre manière : « L'évolution darwinienne doit rendre compte de la vie, sinon l'alternative est un Concepteur et Créateur agissant avec finalité, ce qui est inacceptable parce que le naturalisme est la vérité (présupposé). Par conséquent, dans un monde naturaliste et matérialiste, la seule explication possible est l'évolution de la matière inorganique en matière organique puis en organismes vivants ; et puisque le naturalisme est la vérité, l'évolution doit être la vérité et la seule explication de la vie. » Ce raisonnement tautologique, circulaire, qui présuppose ce qu'il veut démontrer, est mû par une adhésion préalable au naturalisme.
Dans son article The Necessity of Darwinism (New Scientist, vol. 94, 15 avril 1982), Dawkins affirme (p. 130) — c'est nous qui soulignons :
« Plus une chose est statistiquement improbable, moins nous pouvons croire qu'elle s'est simplement produite par un hasard aveugle. Superficiellement, l'alternative évidente au hasard est un Concepteur intelligent. Mais Charles Darwin a montré comment il est possible que des forces physiques aveugles imitent les effets d'un dessein conscient et, en opérant comme un filtre cumulatif de variations dues au hasard, conduisent finalement à une complexité organisée et adaptative, aux moustiques et aux mammouths, aux humains et donc, indirectement, aux livres et aux ordinateurs. »
Les mots soulignés servent à montrer que ni Dawkins ni aucun autre athée sur la planète n'est capable d'échapper au langage téléologique dans la description, l'étude et l'analyse de la vie, du monde et de l'univers. L'intelligibilité rationnelle de tout cela (l'univers et la vie) est reconnue de manière innée (voir ici) et pratiquement évidente par elle-même. C'est sur cette base que l'homme est capable d'observer, de faire des analogies, d'inférer et de développer rationnellement une connaissance de l'ordre de fonctionnement de l'univers. Cela, en soi, rend pratiquement évident par lui-même que l'univers et la vie sur Terre sont conçus pour être tels qu'ils sont. Cependant, la citation ci-dessus est l'une des nombreuses qui montrent qu'un homme comme Dawkins, qui ne peut se fier à ses propres sens physiques, n'est pas un homme à qui l'on puisse se fier pour expliquer les origines de la vie. En effet, bien que ses sens physiques voient un dessein réel, son arrogance ne voit qu'une illusion de dessein, expliquée par des forces aveugles et sans finalité agissant sur des événements aléatoires.
Commentaires
Dawkins commence par énoncer une vérité : « Plus une chose est statistiquement improbable, moins nous pouvons croire qu'elle s'est simplement produite par un hasard aveugle. » Cela signifie qu'il ne nous reste que deux autres choix : a) la nécessité, par laquelle on entend les forces physiques comme la gravité ; par exemple, si vous lâchez une pomme, par nécessité (de la loi de la gravité), elle tombera au sol ; ou b) un Créateur. Sachant que la disposition innée et la saine raison ne peuvent jamais attribuer un dessein (et une finalité) qu'à un agent doté de connaissance, de volonté et de puissance, Dawkins commence sa manipulation psychologique de son public. « Superficiellement... », dit-il. C'est-à-dire qu'il serait superficiel d'attribuer ce qui est un dessein clairement observable (qu'il tente aussi de nier par manipulation psychologique et jeux de mots) à un être doté des qualités requises pour concevoir (connaissance, volonté, puissance). Et ce, bien que l'ensemble de l'expérience humaine, l'activité quotidienne des hommes et toute leur entreprise industrielle et technologique reposent sur le présupposé, nullement superficiel, que seules la connaissance, la volonté et la puissance créatrice mènent à un dessein. Ainsi, sachant qu'il ne peut attribuer la connaissance, la volonté et la puissance créatrice à des « forces physiques » ou à des « lois physiques », il sort alors sa diversion : « Mais Charles Darwin a montré comment il est possible que des forces physiques aveugles imitent les effets d'un dessein conscient... » Charles Darwin a proposé une explication de la diversité du vivant fondée sur des forces physiques aveugles agissant sur une soupe primitive, menant à une vie capable de se répliquer, menant (par des mutations du code génétique) à l'origine et à la diversité des espèces ; et dans tout ce processus, ces « forces physiques aveugles » « imitent les effets d'un dessein conscient » sans qu'il y ait de dessein réel. Vous pouvez voir ici le jeu sur les mots. Ni Charles Darwin ni personne d'autre n'a pu (ni ne pourra jamais) fournir de preuve empirique de cette affirmation, qui sous-tend en réalité toute la religion naturaliste. Réfléchissez-y encore, car pour démanteler la religion naturaliste, il nous faut vraiment aller à son cœur, et voici son cœur véritable : des forces physiques aveugles agissant sur une soupe primitive, menant à une vie capable de se répliquer, menant (par des mutations aléatoires du code génétique) à l'origine et à la diversité des espèces, le tout par des processus non dirigés et sans finalité. Les naturalistes jouent sur les mots en ce que le mot évolution est souvent présenté avec plusieurs couches de sens destinées à dissimuler la croyance superstitieuse sur laquelle il est fondé. Nous développerons cela plus en détail dans un article séparé. Mais pour compléter ce point, il n'existe aucune preuve empirique de l'apparition de l'autoréplication sous forme d'ADN ou d'ARN par des processus aléatoires non dirigés, et toutes les expériences ont lamentablement échoué à produire quoi que ce soit qui ressemble, même de loin, aux molécules biologiques complexes que l'on trouve dans les cellules vivantes, même lorsqu'on leur fournissait généreusement bon nombre des substances chimiques nécessaires à la formation de telles molécules. Cela est tenu pour la seule explication acceptable parce qu'une affirmation philosophique du naturalisme ne permet aucune autre explication. Dawkins poursuit : « et, en opérant comme un filtre cumulatif de variations dues au hasard » ; remarquez ici les tentatives désespérées, par une formulation soigneuse, de dépeindre, mais de loin, l'imitation du « dessein conscient » qu'il a mentionnée plus tôt. Il veut qu'il y ait un dessein mais ne le peut pas, si bien qu'il doit faire un usage rusé du langage : « opérant », « cumulatif », « filtre », « imitent », « conscient », « dessein ». Ces forces physiques aveugles sont on ne sait comment capables d'« opérer » comme un « filtre cumulatif » pour filtrer les variations dues au hasard et choisir ainsi celles qui vont mener à la vie. Le pauvre homme ne demande qu'à attribuer un « dessein » à ces forces aveugles, mais ne le peut pas (sinon la partie est finie et la fraude est manifeste), et il recourt au double langage pour dire que ce n'est pas un dessein, mais simplement des processus non dirigés qui imitent un dessein. C'est donc à la fois un dessein et pas un dessein. C'est dessein et non-dessein. C'est du double langage et de la sophistique. Puis il dit : « ... conduisent finalement à une complexité organisée et adaptative, aux moustiques et aux mammouths, aux humains et donc, indirectement, aux livres et aux ordinateurs » ; le résultat final est donc une « complexité » « organisée » et « adaptative » sous la forme d'« humains », de « livres », d'« ordinateurs », qui, selon lui, n'ont manifestement pas été conçus mais ne donnent que l'illusion d'un dessein !
Il est capital que vous ne laissiez pas passer le point important évoqué dans le paragraphe ci-dessus concernant l'usage de plusieurs couches de définitions de l'« évolution » afin de cacher la croyance superstitieuse sur laquelle est fondée la religion naturaliste. Un exemple de définition opératoire est « la descendance avec modification », qui est sans aucun doute une réalité observée. En définissant l'évolution de cette manière, on donne au croyant naturaliste l'avantage dans le débat, en ce sens que quiconque s'oppose à l'évolution (ainsi définie) est aussitôt considéré comme ayant perdu la raison, puisque la modification des espèces par la reproduction est une réalité que toute personne vivante peut voir. La progéniture est toujours une modification des parents et n'en est jamais la réplique exacte. À mesure que les générations se succèdent, la modification se poursuit, bien que cette modification reste strictement à l'intérieur du type de l'espèce. Cependant, ces définitions vagues de l'évolution visent à dissimuler et à protéger la croyance superstitieuse et le véritable moteur qui sous-tend toute la religion naturaliste, que l'on peut appeler la « thèse de l'horloger aveugle » (de Dawkins), laquelle dit essentiellement qu'un dessein d'une complexité insondable advient par des processus aléatoires, non dirigés et sans finalité (la sélection agissant sur des mutations aléatoires du code génétique), en l'absence de connaissance, de volonté, d'intention et de puissance créatrice. C'est de la pure superstition, rejetée par l'ensemble de la perception et de l'expérience humaines et par tout l'édifice de l'entreprise industrielle et technologique. Cette croyance superstitieuse naît du fait que le naturalisme a déjà été choisi comme religion pour des raisons psychologiques, et cette affirmation philosophique du naturalisme ne peut ensuite être expliquée et justifiée que par une seule proposition : que la vie a été « conçue » et « créée » par des forces dépourvues de connaissance, dépourvues de finalité, complètement aveugles. Chose que même les jeunes enfants savent être un conte de fées superstitieux, sans parler des adultes mûrs. Mais voilà la somme de leur savoir (ذَلِكَ مَبْلَغُهُم مِّنَ الْعِلْمِ).
Résumons : des forces physiques aveugles peuvent imiter l'effet d'un dessein conscient et diriger d'une certaine manière des événements dus au hasard (en opérant comme un filtre cumulatif), menant finalement à une « complexité organisée ». Ou, pour le dire autrement, un homme totalement aveugle et sourd (Steve) peut se diriger, à travers la myriade de rencontres dues au hasard (chocs et accidents), de John O Groats à Lands End grâce au fonctionnement d'un filtre cumulatif (dont il est totalement inconscient), imitant ainsi (sans le savoir et sans intention) l'effet de la navigation consciente par laquelle Dave (qui entend et voit, ou qui pourrait être aveugle mais reçoit des instructions) se rend lui aussi de John O Groats à Lands End. Trouvant un aveugle à Lands End, il faudrait conclure que c'est ainsi qu'il y est arrivé (par un processus aléatoire et aveugle) ; et bien que cela puisse être possible au prix d'un énorme effort d'imagination, Dawkins tente d'imposer l'idée que penser ainsi est rationnel, et que proposer quoi que ce soit d'autre (comme un homme qui entend et voit arrivant à Lands End par une navigation consciente, ou un aveugle dirigé et guidé) relève de la bêtise et du faire-semblant. Pour prouver ce genre de choses, Richard Dawkins remplit des pages, écrit des livres et lance des diatribes. Voilà la somme de son savoir. Il nous le dit sur la couverture de son livre The Blind Watchmaker, où il est écrit : « La sélection naturelle est l'horloger aveugle, aveugle parce qu'elle ne voit pas en avant, ne planifie pas les conséquences, n'a aucun but en vue... » — oui, un peu comme l'aveugle de notre exemple — « ... Pourtant, les résultats vivants de la sélection naturelle nous impressionnent de façon écrasante par l'apparence d'un dessein, comme s'ils étaient l'œuvre d'un maître horloger ; ils nous impressionnent par l'illusion d'un dessein et d'une planification. Le but de ce livre est de résoudre ce paradoxe à la satisfaction du lecteur, et le but de ce chapitre est d'impressionner davantage encore le lecteur par la puissance de l'illusion du dessein. » Tout n'est qu'apparence et illusion de dessein. Pourquoi ? Parce qu'affirmer un dessein réel implique nécessairement un Concepteur, selon la disposition innée, la perception sensorielle et la saine raison. C'est une vérité évidente par elle-même contre laquelle on ne peut argumenter ; elle est ancrée dans le psychisme humain (voir ici). Ainsi, Dawkins se résigne au monde des apparences, des illusions, des horlogers aveugles, des montagnes d'improbabilité, des jeux de mots et du double langage pour défendre sa thèse. Veuillez poursuivre avec cet article, « Understanding the Two Definitions of 'Science' in Operation » (voir ici), pour percer un peu plus clairement à jour la religion naturaliste.
Écrit par Abū ʿIyād le 07/12/1434H (12/10/2013 ap. J.-C.)