Les bases

Comprendre la religion matérialiste et naturaliste à travers la pyramide athée

Traduction : La louange est à Allāh, Seigneur des mondes, et que la prière et le salut soient sur le Messager d'Allāh. Ceci dit :

Le but de ce bref article est simplement de poser une catégorisation de base pour aider à mieux comprendre les différentes couches d'athées qui existent. C'est une catégorisation utile, car il faut bien distinguer ces athées les uns des autres de manière à rendre justice à chaque catégorie et à pouvoir traiter chaque type de façon appropriée. Il est également important de relever ce qui, en réalité, les répartit en différentes couches.

Traduction : La pyramide athée

Il y a trois niveaux dans la pyramide athée. (1) Au sommet, nous avons les athées sincères, sans illusions et sans prétention. Ils sont honnêtes au sujet de leur position et admettent avoir choisi le naturalisme comme vision du monde préférée — avant même que la science n'entre en jeu. (2) En dessous d'eux se trouvent les athées artificiels et prétentieux. Ils ne sont pas assez honnêtes pour faire l'aveu franc que font ceux du sommet. Les « Nouveaux Athées » se trouvent à ce niveau. Ils affirment frauduleusement un degré de certitude et de conviction pour leur dogme naturaliste et matérialiste, sur la base de conjectures que la méthode scientifique n'a pas validées et ne peut pas valider. (3) Tout en bas se trouvent les athées ordinaires, la populace. Ils sont convaincus par ceux qui sont au-dessus d'eux que le naturalisme (le matérialisme) est la seule vérité. Certains d'entre eux héritent de la prétention arrogante du deuxième niveau. Ces gens n'ont pas l'intelligence et la finesse de ceux qui sont au-dessus d'eux, et ce sont pour la plupart des suiveurs aveugles (muqallidah) du deuxième niveau.

Le sommet de la pyramide

Voyons des exemples de ceux qui sont au sommet de la pyramide. Richard Lewontin (évolutionniste) est très franc et honnête :

« Notre disposition à accepter des affirmations scientifiques contraires au sens commun est la clé pour comprendre la véritable lutte entre la science et le surnaturel. Nous prenons le parti de la science en dépit de l'absurdité manifeste de certaines de ses constructions, en dépit de son incapacité à tenir bon nombre de ses promesses extravagantes en matière de santé et de vie, en dépit de la tolérance de la communauté scientifique envers des histoires ad hoc non étayées, parce que nous avons un engagement préalable, un engagement envers le matérialisme. Ce n'est pas que les méthodes et les institutions de la science nous contraignent d'une manière ou d'une autre à accepter une explication matérielle du monde phénoménal, mais, au contraire, que nous sommes forcés, par notre adhésion a priori aux causes matérielles, à créer un appareil d'investigation et un ensemble de concepts qui produisent des explications matérielles, aussi contre-intuitives soient-elles, aussi déroutantes soient-elles pour les non-initiés. De plus, ce matérialisme est absolu, car nous ne pouvons pas laisser un Pied divin franchir la porte. » Billions and Billions of Demons, New York Review of Books, 01/09/97.

Les athées du sommet, qui ne se font pas d'illusions, savent et comprennent que les affirmations et les hypothèses viennent en premier, avant même que la méthode scientifique ne soit mise en mouvement. Il y a une adhésion a priori aux causes matérielles en tant qu'explications ultimes (une affirmation qui n'a pas été prouvée par la méthode scientifique), mais qui est le fondement supposé du cadre d'investigation au sein duquel la méthode scientifique est employée.

Thomas Nagel (athée, naturaliste), parlant de quelque chose de bien plus profond que la peur de la religion :

« Je parle de quelque chose de bien plus profond — à savoir la peur de la religion elle-même. Je parle d'expérience, étant moi-même fortement sujet à cette peur : je veux que l'athéisme soit vrai, et je suis mal à l'aise devant le fait que certaines des personnes les plus intelligentes et les mieux informées que je connaisse sont des croyants religieux. Ce n'est pas seulement que je ne crois pas en Dieu et que, naturellement, j'espère avoir raison dans ma croyance. C'est que j'espère qu'il n'y a pas de Dieu ! Je ne veux pas qu'il y ait un Dieu ; je ne veux pas que l'univers soit ainsi. Je suppose que ce problème d'autorité cosmique n'est pas une affection rare, et qu'il est responsable d'une grande partie du scientisme et du réductionnisme de notre époque. L'une des tendances qu'il soutient est le recours ridiculement excessif à la biologie évolutionniste pour expliquer tout ce qui concerne la vie, y compris tout ce qui concerne l'esprit humain. Darwin a permis à la culture laïque moderne de pousser un grand soupir de soulagement collectif, en fournissant apparemment un moyen d'éliminer le but, le sens et le dessein en tant que caractéristiques fondamentales du monde… » The Last Word (1997), p. 130-131.

Nagel parlait de choses apparentes que les athées trouvent répréhensibles dans la religion et qui les poussent à la craindre. Il montre qu'il existe un sentiment et une émotion bien plus profonds, qui vont au-delà de cette peur : c'est l'espoir et le désir qu'il n'y ait pas de Dieu. Il explique que c'est réellement ce qui se trouve derrière la philosophie dominante du scientisme et du réductionnisme (matérialisme, naturalisme) présente aujourd'hui. Et aussi que ce sentiment émotionnel tend à soutenir le « recours ridiculement excessif » à la biologie évolutionniste, au point qu'elle élimine le but, le sens et le dessein de la vie et de l'univers. Comme le naturalisme doit tout expliquer par des causes purement aléatoires et non dirigées, le dessein ne peut jamais être perçu que comme « illusoire ». D'où le flot de livres d'athées du deuxième niveau de la pyramide qui se mettent en quatre pour tenter de rendre le dessein illusoire — signe d'une pure arrogance et, en plus, d'un outrage à l'intellect.

Michael Ruse (philosophe athée, biologiste) est lui aussi franc :

« L'évolution est promue par ses praticiens comme plus qu'une simple science. L'évolution est propagée comme une idéologie, une religion laïque, une alternative à part entière au christianisme, avec un sens et une morale. Je suis un évolutionniste ardent et un ex-chrétien, mais je dois admettre que, sur ce seul grief — et M. Gish n'est qu'un parmi beaucoup à le formuler —, les littéralistes ont parfaitement raison. L'évolution est une religion. C'était vrai de l'évolution au début, et c'est encore vrai de l'évolution aujourd'hui. L'évolution est donc née comme une sorte d'idéologie laïque, un substitut explicite au christianisme. » How evolution became a religion: creationists correct? National Post, p. B1, B3, B7, 13 mai 2000.

Notez que Michael Ruse a écrit ceci comme citation d'ouverture de son article, tout en déclarant à la fin qu'il s'attend à ce que ce soit le seul paragraphe de l'article que les gens citeront à leurs propres fins, au lieu d'essayer de comprendre ce qu'il cherche à dire. Ainsi, pour être sûrs de ne rien déformer, nous citerons ce passage du même article :

« Je pense que si, comme je le ferais moi-même, on étend la portée de la théorie [de l'évolution] à la compréhension de l'acquisition et de la justification de la connaissance, et de même pour la morale — épistémologie évolutionniste et éthique évolutionniste —, alors elle peut faire office de substitut ou d'alternative à la religion. Elle vous donne une image du monde que certaines personnes, à commencer par moi, trouvent entièrement satisfaisante… Je pense néanmoins que, souvent, Dawkins et compagnie montrent les caractéristiques sociologiques des religieux… ainsi, les Nouveaux Athées détestent les gens comme moi qui (comme eux) n'ont aucune croyance religieuse, mais qui pensent que la science en tant que telle ne réfute pas la religion. Ceci étant concédé, je pense aussi qu'il y a et qu'il y a eu des darwiniens qui ont fait de leur science une sorte de religion — appelez-la religion laïque, si vous voulez… »

Ce qu'il dit, c'est que l'évolution peut être une « religion » lorsque sa portée est étendue à d'autres domaines (comme le font la plupart, sinon une bonne partie, des athées), et que Dawkins (et les Nouveaux Athées) montrent les caractéristiques sociales des religieux. Donc, en réalité, le premier paragraphe de M. Ruse reste valable en ce qui concerne l'évolution en tant que religion — vous pouvez lire l'article complet ici, et il doit être lu conjointement avec le genre de déclarations que l'on trouve chez Lewontin et Nagel, cités ci-dessus.

Le deuxième niveau de la pyramide

Le deuxième niveau est occupé par les athées pas si honnêtes, et ce sont des gens comme Richard Dawkins, Lawrence Krauss, Peter Atkins et d'autres. Certains d'entre eux profèrent des mensonges flagrants, comme Dawkins qui prétend que nous savons et comprenons maintenant comment la vie a commencé — et c'est un exemple d'auto-illusion. Le premier niveau, supérieur, de la pyramide ne tombe pas vraiment dans cela. Une fausse certitude est présentée par ce niveau de la pyramide à travers ses écrits, ses conférences et ses publications. Beaucoup de sophismes viennent de leur côté, alors qu'ils tentent de colporter leur religion naturaliste auprès des masses. Par exemple, Peter Atkins (M. Zéro) prétend que des univers peuvent venir du néant parce que les charges positives et négatives de l'univers sont équivalentes et s'annulent pour donner zéro. Ainsi, l'univers pourrait — à partir du néant — se scinder pour venir à l'existence en charges positives et négatives ! Voilà la somme de son intellect et de sa connaissance. Et Lawrence Krauss (M. Néant) suit une ligne semblable. Il y a aussi un M. Que-dalle et un M. Sifr quelque part. Malgré la sophistication avec laquelle leurs conjectures sont présentées, leurs propos se réduisent en fin de compte à une matière qui se crée elle-même et s'organise elle-même. Et donc, si de tels idiots, pour reprendre les mots d'Ibn Taymiyyah, peuvent accepter que la totalité de l'univers puisse venir à l'existence sans créateur et sans matière préalable, alors il est encore plus acceptable qu'il vienne à l'existence avec un créateur, que ce soit avec ou sans matière préalable (voir l'article). Ainsi, en réalité, le naturalisme n'est qu'une philosophie préférée, non parce que la méthode scientifique la prouve, mais parce qu'elle plaît émotionnellement aux athées. Ils veulent qu'elle soit vraie. Mais ils ne peuvent pas la prouver. Puis le cadre de la recherche scientifique est construit par-dessus. Ces gens (du deuxième niveau) sont donc arrogants, souvent déficients en intellect (comme on peut le voir avec Peter Atkins dans l'exemple ci-dessus). Ils sont malhonnêtes et incohérents, mais ont beaucoup de sophismes à leur disposition. Ils avancent des affirmations et des conclusions qui vont au-delà de ce qui leur est permis dans les limites de la science dont ils prétendent qu'elle les soutient, et ils ont quantité d'hypothèses cachées et non déclarées derrière ce qu'ils prétendent être des certitudes scientifiques, et qui soutiendraient prétendument leur religion naturaliste. Eux et leurs sophismes ont de l'emprise sur la cohue athée ordinaire du troisième niveau. Il faut souligner ici que beaucoup de ces athées ont effectivement des arguments et des observations légitimes au sujet de la religion corrompue, ou des doctrines corrompues que l'on trouve dans la religion corrompue, et c'est en partie la raison pour laquelle eux et le niveau en dessous d'eux sont convaincus de la justesse de leur position.

Le troisième niveau de la pyramide

Le troisième niveau est dominé et gouverné intellectuellement par le deuxième niveau au-dessus de lui, et il ignore pour l'essentiel les athées intelligents et honnêtes du sommet, qui font des aveux francs au sujet de la religion naturaliste et matérialiste adoptée par préférence (et non scientifiquement). Ces gens sont trompés par la fausse certitude prêchée par le deuxième niveau, sans scrupules et malhonnête, qui transgresse la méthode scientifique elle-même dans bon nombre des affirmations grandiloquentes (conjectures) qu'il avance et qu'il revêt de l'habit de la certitude. La sophistication apparente de ce qu'il professe trompe facilement ce troisième niveau, qui ne voit pas la faillite intellectuelle et la malhonnêteté qui se cachent sous la religion naturaliste et matérialiste. Cela sera développé plus en détail dans d'autres articles.

Écrit par Abu Iyaad, le 21 Dhul-Hijjah 1434H (23/05/2014CE).