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Remarques préliminaires importantes
Voici quelques remarques préliminaires importantes qu'il convient de garder à l'esprit en lisant ce livre :
1. Les discussions sont liées et circonscrites par les définitions des termes. Les malentendus se perpétuent lorsque les termes ne sont pas clairement définis et qu'on ne précise pas comment ils sont employés et appliqués dans un contexte donné. C'est un problème majeur dans les discussions sur l'évolution. La définition de l'« évolution » est élastique, et les évolutionnistes déplacent fréquemment les poteaux de but lorsqu'ils tentent de justifier leur croyance religieuse aux miracles1 et la théologie bâtie sur celle-ci.
Elle est fréquemment définie dans les termes les plus larges possibles : « changement », « descendance avec modification », « changement au fil du temps », « ascendance commune », « changement des propriétés des populations d'organismes qui dépasse la durée de vie d'un seul individu »2, « l'évolution est un processus qui aboutit à des changements héréditaires dans une population, étalés sur de nombreuses générations »3, « l'évolution est le changement dans l'adaptation et dans la diversité des populations d'organismes »4. Les sens apparents véhiculés par des définitions aussi larges ne sont pas contestés, car ils renvoient à ce qui est observable. Une extrapolation démesurée est faite à partir de ces définitions délibérément larges afin de soutenir une croyance métaphysique et religieuse selon laquelle le matérialisme ou le naturalisme serait vrai. Cette extrapolation et les affirmations philosophiques qui en découlent n'ont aucun fondement scientifique.
Les évolutionnistes déplacent les poteaux de but dans les définitions afin d'injecter de manière déguisée leurs croyances métaphysiques, religieusement affirmées, du naturalisme et du matérialisme, et de se décharger du fardeau de la preuve qui leur incombe de valider empiriquement, par la méthode scientifique, leur croyance aux miracles.
Parmi les miracles vantés par les croyants sagaces, il y a que les mutations — une corruption de l'information — seraient la source de conceptions et de caractéristiques nouvelles ; que le bruit qui concurrence et noie un signal radio produirait de la nouveauté dans le contenu perçu et rationnellement compris du signal lui-même ; que des fautes de frappe dans la copie d'un dictionnaire conduiraient à de nouvelles entrées, produisant une version améliorée, actualisée et bien adaptée du dictionnaire, convenant à son environnement, etc. Les miracles sont des événements qui violent les lois connues de la nature. Les évolutionnistes craignent énormément que leurs croyances religieuses soient réduites à de simples exemples conceptuels comme ceux qui viennent d'être donnés, car les profanes peuvent facilement les comprendre et les reconnaître immédiatement comme les croyances fausses, imaginaires et fantaisistes de primitifs.
C'est pourquoi ils s'en tiennent à des définitions très larges de l'évolution, qui concordent avec des observations incontestées — à savoir que les populations subissent des changements dans leurs gènes ainsi que dans leurs formes et leurs apparences (les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants continuent d'acquérir de la variation dans leurs gènes ainsi que dans leur forme et leur apparence) —, afin que les mécanismes impossibles qu'ils proposent pour valider leur croyance religieuse au naturalisme ne fassent jamais l'objet d'une attention particulière, car la recherche scientifique empirique échoue constamment à les démontrer et qu'ils n'ont que des espoirs et des souhaits.
Voici le problème auquel ils sont confrontés :
Tenter de prouver un miracle [qui viole les lois physico-chimiques de la nature] au moyen de la méthode scientifique, qui ne peut fournir d'explications que par les lois physico-chimiques de la nature, est impossible. En d'autres termes : ils ont cru en un miracle [la cellule autoréplicative] qui enfreint toutes les lois connues de la nature, et par-dessus ce miracle, ils en ont ajouté un autre [que la perte d'information produirait un accroissement de l'information, de la nouveauté et de la complexité]5. Puis, de façon amusante, ils affirment que la science ne doit traiter que d'explications par la loi naturelle.
Telle est leur réalité.
En conséquence, il leur est impossible de prouver les mécanismes qu'ils proposent, car les lois de la nature — qui doivent fournir l'explication — sont incapables de reproduire ces miracles en laboratoire. C'est sous cet angle qu'il faut comprendre l'échec cuisant de la recherche sur les origines de la vie et les décennies de tests de laboratoire ratés portant sur des mutations délibérément induites chez des organismes tels que la drosophile. Voilà le véritable secret derrière les définitions larges et ambiguës qu'ils emploient.
L'absence de consensus parmi les évolutionnistes sur la définition précise de l'évolution est manipulée et transformée en une arme puissante pour accuser fréquemment leurs adversaires de ne pas avoir « compris » l'évolution. Chaque fois qu'un naturaliste prétend que quelqu'un n'a pas « compris » l'évolution et qu'il « dit n'importe quoi », cela revient en réalité au fait qu'il n'existe tout simplement pas de définition précise de l'évolution. Elle est élastique et peut être étirée ou comprimée selon le besoin et les circonstances, et les croyants sagaces en l'évolution en tirent très efficacement parti.
Sur son site internet, le National Center for Science and Eduction (NCSE)6 aux États-Unis, dans un article instructif sur la définition de l'évolution — après avoir présenté un éventail de définitions données par d'éminents biologistes de l'évolution —, déclare : « Ces exemples montrent qu'il existe un large éventail d'approches pour définir l'évolution et que les “experts” ne s'accordent pas sur ce qu'il faut mettre en avant dans leurs définitions. »7 La définition standard de l'évolution dans les manuels sur l'évolution est donnée ainsi : « tout changement de la fréquence des allèles au sein d'un pool génique d'une génération à la suivante. »8 Cela revient simplement à dire que l'évolution est le changement de la constitution génétique au sein d'une population. Ainsi, à mesure qu'une population se reproduit sur plusieurs générations, chaque paire de gènes corrélée à une caractéristique physique — par exemple la couleur des yeux ou des cheveux — que la descendance reçoit d'un parent va changer. Simple et évident, rien de contesté ici. Cela revient simplement à dire que l'évolution est prouvée vraie par le fait d'avoir des enfants, puisque avoir des enfants augmente la fréquence des allèles dans la population. Les évolutionnistes soulignent rarement que cette définition standard de l'évolution est en fait une définition de la microévolution sur des périodes relativement courtes, sur un certain nombre de générations. On laisse ensuite supposer que la macroévolution est le même processus, mais à une échelle de temps plus grande. Ce n'est rien d'autre que « convaincre [ou tenter de tromper] par la seule définition », et non par des preuves empiriques.
Le fait qu'il n'existe aucune définition spécifique, précise et admise du mot « évolution » indique le statut non scientifique de la théorie elle-même. Prenez note de ce fait : lorsqu'on les presse de donner une définition précise et exacte, qui pourrait ensuite être examinée afin de voir si elle valide les croyances naturalistes par la méthode scientifique et le raisonnement logique qu'elle emploie, les croyants sagaces ne définiront jamais que la microévolution, qui n'est pas contestée. C'est de cela qu'ils parlent lorsqu'ils disent que « l'évolution est un fait ». Puis ils injectent — subrepticement — leur croyance idéologique et religieuse au naturalisme par extrapolation. Dans le chapitre approprié de ce livre, nous citerons la déclaration de Michael Ruse, évolutionniste et philosophe fervent, qui affirme explicitement que « l'évolution est une religion » et qu'elle l'a toujours été « dès le tout début ».
2. Il existe une insatisfaction généralisée à l'égard de la synthèse moderne néo-darwinienne en tant que seul mécanisme moteur de la nouveauté biologique et de la spéciation dans l'évolution.9 Des critiques qui ne mâchent pas leurs mots s'efforcent de la reléguer au second plan, sinon à la poubelle. Une scission s'est produite entre les fondamentalistes néo-darwiniens et les libéraux à l'esprit ouvert, « apostats mécréants », parmi eux. Ils n'ont pas — et n'ont en fait jamais eu — de mécanisme crédible, purement naturaliste et matérialiste, sur la table. Une « synthèse évolutive étendue » est en cours d'élaboration et une « troisième voie de l'évolution »10 est proposée. L'insatisfaction à l'égard de la philosophie matérialiste apparaît parmi les athées et se fraie un chemin vers la publication par le biais d'institutions universitaires respectées.11 La philosophie matérialiste néo-darwinienne est attaquée. Les coutures ont été décousues.
Les recherches actuellement menées en laboratoire révèlent un tableau entièrement différent de celui qui a dominé la scène depuis le milieu du XXe siècle. Les mécanismes ADN-gène-cellule observés empiriquement démontrent l'existence de ce que l'on peut appeler des processus d'ingénierie préprogrammés, intégrés, dynamiques, adaptatifs et algorithmiques capables de donner naissance à une nouveauté que l'on peut, au sens large, appeler « évolution ». Malheureusement pour les fondamentalistes, ce corpus croissant de recherches démontre que l'idée de forces de la nature aveugles, aléatoires et non dirigées conduisant à l'origine fortuite de la vie, puis à la diversité biologique par la « mutation » et la « sélection », est une image entièrement fausse. Au contraire, la recherche de pointe soutient la conception selon laquelle il existe un cadre architectural préconçu au sein duquel des processus dynamiques et créateurs suivant un langage de création et des règles grammaticales conduisent à la nouveauté et à la diversité biologiques dans des limites définies.
Cela pose des difficultés aux naturalistes et aux évolutionnistes dans leur ensemble, et ils sont en désaccord entre eux sur la manière d'aborder ces nouvelles découvertes et de les intégrer d'une façon ou d'une autre afin de protéger leurs croyances naturalistes et athées. D'où les divergences et les antagonismes entre les fondamentalistes néo-darwiniens, qui choisissent la voie du rejet, et les libéraux à l'esprit ouvert, qui veulent les intégrer dans une nouvelle synthèse ou une troisième voie au sein d'un système de croyance naturaliste. En juillet 2009, un rassemblement de seize biologistes de l'évolution et philosophes a eu lieu à Altenberg, en Allemagne. Opposants à la synthèse moderne néo-darwinienne, représentant un groupe bien plus large, ils cherchent à se débarrasser du joug du néo-darwinisme, qu'ils considèrent comme « mort » et comme un obstacle à la recherche scientifique.12 En novembre 2016, une conférence de « changement de paradigme » visant à essayer de réparer la théorie de l'évolution s'est tenue à la prestigieuse Royal Society de Londres. Intitulée « New trends in evolutionary biology: biological, philosophical and social science perspectives », la conférence a réuni des fondamentalistes néo-darwiniens, des « extensionnistes » et des conciliateurs libéraux. Le but était de rafraîchir la théorie de l'évolution — car, en l'état, il n'y a rien sur la table.
Les évolutionnistes peuvent être répartis dans les groupes suivants :
a) Les fondamentalistes religieux néo-darwiniens, qui sont de fervents croyants en la synthèse moderne.
b) Les mécréants et apostats, qui rejettent la synthèse moderne et travaillent à une nouvelle synthèse.
Il y a de temps à autre des hérétiques innovateurs égarés, qui sont réprimandés et remis dans le rang.13
c) Les libéraux, qui cherchent des moyens de concilier les deux et s'efforcent d'intégrer des points de vue contradictoires au sein d'une synthèse évolutive étendue.
Comme cela sera exposé dans le livre — inshāʾAllāh — le tapis a été tiré sous la position matérialiste athée. Il leur est devenu exponentiellement plus difficile de défendre leurs croyances naturalistes conjecturales à la lumière de la compréhension naissante de la complexité de la programmation et de l'ingénierie de la vie. Ce n'est plus qu'une question de savoir avec quelle efficacité ils pourront entretenir l'écran de fumée, le jeu de miroirs et les fanfaronnades.
3. Il existe une différence flagrante entre ce qui est documenté dans les articles de recherche scientifique évalués par les pairs au sujet de l'état actuel de la compréhension scientifique, des mécanismes moléculaires et de la théorie de l'évolution en général, et ce que transmettent les manuels de biologie standard dans les établissements d'enseignement et ce qui est promu auprès du grand public par les ouvrages de vulgarisation scientifique, via les journalistes et les conteurs. Les naturalistes et les athées tirent parti de l'ignorance de ce décalage dans la construction de leurs arguments, afin de présenter comme factuel ce qui est spéculatif ou controversé, voire discrédité ou entièrement rejeté dans la littérature scientifique.
4. Des termes ont été forgés historiquement sur la base de connaissances grossières et limitées. À mesure que les connaissances ont évolué, ces termes ont continué d'être employés, nuisant à l'exactitude de la compréhension des phénomènes et des discussions à leur sujet. C'est le cas du mot gène [et, par la suite, génétique, génome, génotype, phénotype, etc.]. Ce mot a d'abord été employé pour désigner simplement une unité d'hérédité, au début du XXe siècle. Avec les progrès de la biologie moléculaire et la découverte de la structure de l'ADN, il a ensuite désigné une séquence distincte d'ADN au sein du chromosome dont l'ordre détermine la synthèse des peptides et des protéines. Cependant, de nouveaux progrès de la « génétique » rendent ce terme obsolète. Le sens populaire du terme « gène » ne correspond plus à la réalité biologique, et plus on l'étudie, moins on a de certitude sur ce qu'est un gène. Au cours des deux dernières décennies, la compréhension de ce qu'est un gène a été renouvelée, bien qu'elle reste lacunaire et incomplète. Un gène n'est plus une séquence linéaire d'ADN, mais plutôt un processus computationnel dans le cadre duquel des séquences d'ADN prennent un sens.14 La corrélation « un gène, un trait » est inexacte et contraire à la réalité biologique. Les recherches actuelles montrent qu'il peut y avoir quinze emplacements différents pour un gène, répartis sur onze chromosomes différents. Ainsi, la notion admise de ce qu'est un « gène » a été renversée. Le « gène » en tant qu'entité de contrôle déterministe est une idée fausse. Il existe plutôt une architecture de plus haut niveau, fondée sur la cellule, dans laquelle des processus computationnels construisent dynamiquement des « gènes » selon le besoin et les circonstances.
Les implications de ce qui précède sont les suivantes :
a) Les matérialistes, les naturalistes et les athées n'ont pas de la réalité une saisie aussi complète qu'ils le prétendent, et leurs affirmations audacieuses de certitude et d'autorité sont sans fondement.
Pour illustrer cela, lorsqu'il fut annoncé en 2000 dans le New York Times que le « code génétique de la vie humaine a été déchiffré par les scientifiques », des scientifiques avertis firent remarquer : « Nous avons encore un siècle de travail pour comprendre comment toutes ces choses sont liées entre elles. »15
b) Ils sont limités par un bagage conceptuel dépassé, ancré dans des termes qui entravent désormais la compréhension,
c) Pour traiter le sujet, nous n'avons pas d'autre choix que d'employer cette terminologie. Ainsi, notre discours et notre usage de la terminologie s'inscrivent dans le cadre de la meilleure connaissance de travail actuelle — bien que conceptuellement déficiente et limitée —, elle-même en train de changer de direction. En d'autres termes, la manière dont nous parlons du système ADN-gène-cellule et le caractérisons, tel qu'il est actuellement compris, est sujette à révision. Cependant, cela n'affecterait pas les arguments avancés dans ce livre. Au contraire, ce qui ressort des recherches actuelles, c'est que le système de la vie biologique est bien plus compliqué que prévu. Ces découvertes ne font que renforcer les arguments de ce livre.
5. Le mot « espèce » est lui aussi problématique. La classification des espèces est une convention destinée à faciliter notre capacité à organiser et à classer la nature. Elle est subjective et non objective. Les frontières sont floues et les critères d'inclusion et de séparation sont contestés. Ce problème est reconnu et n'a pas été résolu de manière satisfaisante à ce jour, même parmi les biologistes de l'évolution.16 Il faut être conscient des façons dont l'ambiguïté de la classification des espèces sert d'arme aux évolutionnistes dans la construction de leurs arguments. La définition des espèces joue à la fois pour et contre l'évolution darwinienne.17 Le mot « espèce » est employé dans cet ouvrage en gardant cette mise en garde à l'esprit. Une définition moins problématique et plus pratique serait : les organismes capables de s'accoupler et de produire une descendance fertile et viable, elle-même capable de s'accoupler et de produire une descendance fertile et viable, sont de la même espèce. Ou autrement : tous les organismes physiologiquement semblables capables de produire une descendance viable et fertile sont de la même espèce. Ainsi, les loups et les chiens, par exemple, sont de la même espèce.
6. La synthèse moderne néo-darwinienne — mutations aléatoires et sélection naturelle — en tant que seul moteur du changement évolutif, de la nouveauté et de la spéciation a été réfutée empiriquement par les progrès de la biologie moléculaire et de la génétique au cours des deux ou trois dernières décennies. Auparavant, l'incompatibilité avec les archives fossiles avait conduit à une modification de la théorie connue sous le nom d'équilibre ponctué, proposée par Stephen Jay Gould et Niles Eldredge en 1972. Cela ne fut pas bien accueilli par les fondamentalistes ; certains les considérèrent comme des innovateurs hérétiques (mubtadiʿah).18 En conséquence, les évolutionnistes s'efforcent fébrilement depuis quelques décennies de créer une nouvelle synthèse. L'implication de tout cela — lorsqu'on considère les diverses idées qu'ils tentent de fusionner et la nature des preuves empiriques qu'ils tentent d'intégrer — est que l'argument du dessein est devenu bien plus puissant que jamais et quasiment impossible à réfuter.
Pour cette raison, les naturalistes et les athées disposent de nombreux procédés par lesquels ils tournent en ridicule les preuves empiriques, la raison saine et les éléments probants qui sapent leurs croyances. Parmi eux figure l'usage d'étiquettes telles que « créationnistes ». Ce terme désigne les chrétiens qui croient en une création littérale des Cieux et de la Terre en six jours de 24 heures et en une Terre âgée de 6 000 ans. Cela n'est pas conforme à la révélation authentique et n'est pas l'opinion des musulmans.19 L'étiquette de « créationniste » est étendue à quiconque n'accepte pas la religion néo-darwinienne.
7. Les objections de David Hume (m. 1776) au XVIIIe siècle à l'argument du dessein étaient prématurées et ont été formulées à une époque où les artefacts conçus étaient très mécaniques, semblables à des machines et relativement grossiers. Hume aurait eu du mal à formuler de telles objections au XXIe siècle. Étant donné les connaissances actuelles en biologie moléculaire et la nature sémiotique et computationnelle du système ADN-gène-cellule, le darwinisme, le néo-darwinisme et les idéologies naturalistes en général n'auraient même pas été conçus, et encore moins vu le jour.
Afin de détourner l'attention des preuves de conception qui s'accumulent du point de vue de l'information, du code logiciel prescriptif, des communications et de la pré-ingénierie, les évolutionnistes recourent à des tactiques de dénigrement en décrivant les arguments du dessein comme du « créationnisme » entré par la porte de derrière. Cela relève surtout d'une peur terrifiante et paralysante, plutôt que de la possession réelle de preuves empiriques permettant de contrer ces arguments. Des athées convaincus comme Richard Dawkins admettent que l'argument du dessein est puissant et difficile à contrer. Il ne peut être contré que par une explication alternative et concurrente, et non par une véritable réfutation. L'explication alternative est déduite des religions du naturalisme et du matérialisme, dont les présupposés sont tenus pour vrais avant même que la moindre science n'ait été faite.
8. Revenons à la terminologie et à la manière dont elle peut servir à jouer avec l'esprit, le subconscient et l'intellect des gens. Si l'on réfléchit à des termes douteux tels que « sélection naturelle » et à des termes clairs tels que « dessein intelligent », on peut voir que le premier — dans son sens apparent évident — est un terme chargé et conceptuellement invalide. La nature n'a aucune volonté lui permettant de sélectionner20, ce qui est un acte conscient, mais on lui confère cette capacité apparente par une phraséologie cryptique, pour des raisons philosophiques. Il est aussi défini de la manière la plus large possible, afin d'englober à la fois des faits observés empiriquement et des croyances religieuses non empiriques. Ainsi, le fait que certains organismes d'une population survivent, se reproduisent et laissent plus de descendants que d'autres est observé empiriquement. Ce processus a été capturé dans le terme ambigu de « sélection naturelle » afin de fournir une base permettant d'y enchâsser, par extrapolation, la croyance métaphysique selon laquelle la nature est une puissance et une force créatrices. C'est-à-dire : parce que nous voyons certains membres d'une population survivre et se reproduire, transmettant ainsi leurs gènes, nous pouvons en extrapoler que, si ce processus se poursuit sur de très longues périodes, sur des centaines et des milliers de générations, des espèces totalement nouvelles et reproductivement isolées apparaîtront. C'est-à-dire qu'elles seront devenues si différentes et si isolées qu'elles ne pourront plus se reproduire. Ainsi, le terme « sélection naturelle » est chargé en amont d'une observation empirique et en aval d'une affirmation métaphysique qui n'est pas testable.
Quant au « dessein intelligent », il est conforme à la raison et à l'expérience humaine, et c'est une expression conceptuellement valide. On sait qu'il est vrai par la somme des connaissances et de l'expérience humaines dans l'industrie et la technologie. Ce qui présente toutes les marques de la conception selon les critères et l'expérience humaines — et qui comporte de multiples niveaux d'abstraction semblables à ce que l'on voit dans l'analyse des systèmes, les systèmes de bases de données et le codage de logiciels — requiert l'intelligence, les attributs de science, de volonté, de puissance et de sagesse. Il n'y a rien d'ambigu ni de trompeur dans ce terme.
Ainsi, dès le tout début, l'usage de la terminologie pose problème. Une terminologie trompeuse peut servir à faire accepter inconsciemment aux gens des idées et des concepts fallacieux. Le recours à cette méthode par les athées, les matérialistes et les évolutionnistes est soulevé et traité à divers endroits de cet ouvrage.
9. Des évolutionnistes, des naturalistes et des matérialistes sont cités dans cet ouvrage, dans des passages où ils révèlent des données, des découvertes et des résultats qui soutiennent des points de vue allant à l'encontre de leurs propres convictions matérialistes et à contre-courant du dogme évolutionniste. En citant leurs déclarations, leurs articles de recherche et leurs publications, il n'est pas sous-entendu qu'ils soutiennent ces points de vue ou y adhèrent. Dans leur immense majorité, les mêmes données sont utilisées par les athées et par ceux qui croient en un créateur, et elles relèvent toutes du domaine de la microévolution. Personne n'a le monopole des faits et des découvertes empiriques, ni le droit exclusif de les interpréter.
Notes
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Une cellule autoréplicative dotée d'une architecture numérique d'information, de communication et d'ingénierie, dont l'apparition viole les lois physico-chimiques et ne peut être expliquée par aucun moyen naturaliste prouvable empiriquement, est un miracle pour les naturalistes. Ils ont besoin de ce miracle. En revanche, l'hypothèse selon laquelle la connaissance, la volonté et une immense puissance créatrice doivent être à l'origine de la cellule autoréplicative peut être prouvée empiriquement par la méthode scientifique et des tests de réfutabilité. Le miracle des naturalistes, lui, ne le peut pas. ↩
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Douglas J. Futuyma dans Evolutionary Biology, Sinauer Associates 1986, via talkorigins.org. ↩
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D'après talkorigins.org. ↩
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Earnst Mayr dans Toward a New Philosophy of Biology. Cambridge (MA) : The Belknap Press of Harvard University Press, 1988. ↩
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C'est-à-dire le mécanisme néo-darwinien de la « synthèse moderne ». ↩
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Le but de cette organisation est de promouvoir l'évolution, et elle se bat sur le plan juridique pour maintenir les récits de la création hors des écoles et des établissements d'enseignement. ↩
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Helena Curtis et N. Sue Barnes, Biology, 5e éd. 1989, Worth Publishers, p. 974, tel que cité par le NCSE. Cependant, même cette définition est contestée parmi les évolutionnistes et jugée insuffisante et trop étroite. On voit ainsi dès le départ le problème des définitions. ↩
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Les mutations aléatoires sur lesquelles agit la sélection naturelle. Cela est désigné dans cet ouvrage par « RMNS ». Les dissidents et les critiques affirment que les néo-darwinistes ont élevé la sélection naturelle au rang de force créatrice unique qui résout tous les problèmes évolutifs difficiles, sans véritable fondement empirique. ↩
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http://www.thethirdwayofevolution.com/. Au sein de ce groupe, on a pris conscience que la synthèse moderne néo-darwinienne est fausse et ne peut tenir debout seule. Ils tentent de modeler les dernières découvertes de la biologie moléculaire et de la génétique — qui apportent un soutien immense et renouvelé à la conception — en une nouvelle synthèse évolutive. ↩
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Se référer au livre de Thomas Nagel, « Mind and Cosmos: Why the Materialist Neo-Darwinian Conception of Nature is Almost Certainly False », Oxford University Press, 2012. ↩
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Se référer à Suzan Mazur (une évolutionniste), The Altenberg 16: An Expose of the Evolultion Industry. Berkely : North Atlantic Books. 2009. ↩
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Comme l'« innovateur hérétique » Stephen J. Gould, qui introduisit au début des années 1970 la doctrine de l'« équilibre ponctué », laquelle remettait en cause le « gradualisme » de la synthèse moderne. ↩
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Se référer à : Burian, R. M. (1985). « On Conceptual Change in Biology: The Case of the Gene », dans Evolution at a Crossroads: The New Biology and the New Philosophy of Science, Depew, D. J. et B. H. Weber (éd.). Cambridge : MIT Press, pp. 21-42 ; Griffiths, Paul E. et Eva M. Neumann-Held (1999). The Many Faces of the Gene, BioScience vol. 49, pp. 656-662 ; Gelbart, W. 1998. Databases in Genomic Research. Science 282: 659-661. ↩
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Nicholas Wade. Genetic Code of Human Life Is Cracked by Scientists. New York Times. 27 juin 2000. ↩
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Se référer, à titre d'exemple, à : Dobzhansky T. 1935. A critique of the species concept in biology. Philos Sci 2: 344–355 ; Hey J. 2006. On the failure of modern species concepts. Trends Ecol Evol, 21: 447–450 ; Hausdorf B. 2011. Progress toward a general species concept. Evolution 65: 923–931 ; Ereshefsky M. 2010a. Microbiology and the species problem. Biol Philos 25: 553–568. ↩
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À strictement parler, puisque l'évolution requiert de nombreuses formes de transition entre les espèces, il devrait être extrêmement difficile d'élaborer des critères permettant de distinguer les espèces. De plus, la quantité de formes de transition requise par l'évolution darwinienne n'existe pas dans les archives fossiles. Quoi qu'il en soit, la définition des espèces reste un problème permanent en général et entraîne des difficultés dans les argumentations relatives à l'évolution. ↩
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Il existe trois problèmes connus dans les archives fossiles qui ont conduit à cette proposition : le premier est l'extrême rareté des formes de transition (les chaînons manquants). Le deuxième est la stase ou l'équilibre (c'est-à-dire peu ou pas de changement chez une espèce tout au long de son existence sur Terre) en tant que caractéristique la plus marquante des archives fossiles. Et le troisième est l'apparition soudaine (un nombre extraordinaire de nouvelles espèces apparaissent toutes en même temps et « entièrement formées »). Il faut se méfier de toute propagande évolutionniste qui fait usage des archives fossiles. ↩
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Les Cieux et la Terre ont été créés selon une mesure du temps autre que notre mesure du temps [telle que calculée par le soleil et la lune]. Il existe des années et des jours de mesure autres que les années et les jours de cette création, qui la précèdent. De même, ils ont été créés à partir d'une matière préexistante et non à partir de « rien ». Se référer à Bayān Talbīs al-Jahmiyyah (2/459-461, 473) d'Ibn Taymiyyah. ↩
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La définition de select (sélectionner) dans le dictionnaire est : choisir soigneusement comme étant le meilleur ou le plus approprié ; choisir de préférence à un autre ou à d'autres ; trier ; faire un choix ; prendre comme choix parmi plusieurs. ↩