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La vision athée du monde est guidée par une préférence émotionnelle et psychologique, non par la méthode scientifique. Partie 2/2
L'athéisme est une vision du monde émotionnellement et psychologiquement préférée
Dans la Partie 1, nous avons examiné les trois niveaux de la pyramide athée et établi que les athées intelligents et honnêtes du sommet de la pyramide admettent que la science n'impose pas une explication matérialiste de la vie et que l'athéisme est simplement une vision du monde psychologiquement préférée. Un athée ne veut pas que Dieu existe et se sent plus à l'aise émotionnellement sans croire en Dieu. C'est là le véritable point de départ. L'affirmation selon laquelle la science aurait prouvé le matérialisme et éliminé le besoin d'un créateur est un sophisme dans le raisonnement, produit par les athées malhonnêtes du deuxième niveau de la pyramide. Ils sont suivis aveuglément par ceux du troisième niveau, les athées ordinaires, qui pensent être soutenus par la raison et la science alors que la réalité est tout autre.
Les méthodes pour prouver l'existence de Dieu
Les preuves d'un créateur possédant la connaissance, la puissance et la sagesse, parmi bien d'autres attributs de perfection, sont variées et abondantes, et ne résident pas dans une seule chose ou une seule méthode. La méthode du Qurʾān est l'usage de vérités évidentes par elles-mêmes (bayyināt), de signes (āyāt) et de preuves (barāhīn). Ceux qui se concentrent uniquement sur les preuves philosophiques sont dans l'erreur, car ce sont les types de preuves les plus faibles. Lorsque certaines de ces preuves sont présentées avec de faux présupposés et sont suivies jusqu'à leurs pleines conclusions logiques et rationnelles, elles établissent le contraire de ce qu'elles sont censées prouver :1 ce type de rhétorique philosophique innovée et fallacieuse n'était connu ni des Prophètes et des Messagers, ni des Compagnons ou des premiers musulmans.
Quelles sont les preuves de l'existence de Dieu
Allāh le Très-Haut a dit : « L'homme ne se rappelle-t-il pas que Nous l'avons créé auparavant, alors qu'il n'était rien ? » (Qurʾān, 19:67). La connaissance qu'a chaque individu qu'il était inexistant et qu'il ne s'est pas créé lui-même, ni n'a créé le moyen (la reproduction) par lequel il vient à être, est une vérité évidente par elle-même. Chacun sait qu'il ne s'est jamais fait passer lui-même du non-être à l'être. Cela s'étend à tous les êtres vivants de l'univers : ils ne se sont pas originés eux-mêmes. Allāh le Très-Haut dit aussi : « Ont-ils été créés par rien ? Ou sont-ils eux-mêmes les créateurs ? Ou ont-ils créé les cieux et la Terre ? Non, plutôt, ils n'ont pas de certitude. » (Qurʾān, 52:35-36). Ce verset démontre, par une série de questions rhétoriques, que la connaissance que l'homme n'a pas créé l'univers dans lequel il réside est une autre vérité évidente par elle-même. De même, la connaissance que l'univers ne s'est pas créé lui-même est une vérité évidente par elle-même. De même, la connaissance que des univers multiples ne viennent à l'existence que par une force extérieure à leur ensemble est une vérité évidente par elle-même. Toute cette connaissance est innée, intuitive, nécessaire, évidente par elle-même, et ne requiert aucune preuve empirique pour être considérée comme vraie. Il n'y a donc que trois possibilités. Soit « rien a créé autre chose », soit « quelque chose s'est créé soi-même », soit « quelque chose a créé autre chose ». Lorsque chacune de ces trois possibilités est présentée, toutes les personnes saines d'esprit (même les athées honnêtes) diront que la dernière, « quelque chose a créé autre chose », est celle qui parle le plus au bon sens et à la raison. C'est intuitif, rationnel et conforme à l'ensemble de l'observation et de l'expérience humaines. Ce « quelque chose » qui a créé, c'est Allāh, le Seigneur des mondes, le créateur magistral, omniscient, tout-puissant et parfaitement sage. À l'appui de cela, il existe de nombreuses autres lignes de preuves.
Premièrement, tous les humains sont programmés avec cette croyance.2 « La disposition innée sur laquelle Allāh a créé les hommes ; qu'il n'y ait pas de changement dans la création d'Allāh » (Qurʾān 30:30). Cette disposition innée est connue en arabe sous le nom de fiṭrah, et chaque enfant naît sur elle. Le Prophète Muḥammad (que la prière et le salut d'Allāh soient sur lui) a dit : « Chaque enfant naît sur la fiṭrah. »3 Allāh a créé les hommes avec une inclination à croire en Lui et le désir de Lui montrer, à Lui seul, gratitude et dévotion pour les innombrables bienfaits dont ils jouissent. Lorsque cette inclination naturelle est corrompue, de fausses divinités sont érigées et adorées.
Deuxièmement, l'observation impose cette croyance. « Dis : “Observez ce qui est dans les cieux et sur la terre”. » (Qurʾān, 10:101). « Et en vous-mêmes [il y a des signes] ; ne voyez-vous donc pas ? » (Qurʾān, 51:21). Les athées ne nient pas cela. Richard Dawkins admet : « Je pense que lorsque l'on considère la beauté du monde et que l'on se demande comment il en est venu à être ce qu'il est, on est naturellement submergé par un sentiment d'émerveillement, un sentiment d'admiration, et l'on ressent presque le désir d'adorer quelque chose. Je ressens cela, je reconnais que d'autres scientifiques comme Carl Sagan le ressentent, Einstein le ressentait. Nous partageons tous une sorte de révérence religieuse pour les beautés de l'univers, pour la complexité de la vie. Pour l'immensité même du cosmos, l'immensité même du temps géologique. Et il est tentant de traduire ce sentiment d'émerveillement et d'adoration en un désir d'adorer une chose particulière, une personne, un agent. On veut l'attribuer à un fabricant, à un créateur. »4 Pour échapper à ce que la croyance en un créateur implique (montrer gratitude et dévotion à ce créateur pour les innombrables bienfaits dont on jouit), on raconte une histoire imaginaire : la matière se crée et s'organise elle-même pour produire des arbres, des oiseaux, des humains, des avions et Internet, par des processus aléatoires et non dirigés qui donnent l'illusion de la conception ! Cette explication ne surgit qu'après que le matérialisme a été supposé vrai. Pour Dawkins, c'est un horloger aveugle qui, sans intention ni but et dans une ignorance totale de ce qu'il fait, parvient à créer une montre magnifique, sans même avoir cet objectif en tête. Voilà la somme de la connaissance des athées, et c'est tout ce qu'ils ont à offrir en réponse à l'argument rationnel contraignant de la conception évidente dans la création et la vie.
Troisièmement, au moment d'une mort certaine ou imminente, lorsque toutes les voies et tous les moyens, toutes les causes matérielles et leurs effets sont coupés, l'athée est consumé par l'espoir qu'un secours est encore possible, et un mouvement d'appel s'élève dans son cœur vers un objet ou un être dont il attend le soulagement. Cette activité du cœur peut être exprimée ou non, mais c'est un type d'invocation intérieure. Si et lorsqu'il est sauvé, il oublie ce qui est passé par son cœur. « N'est-Il pas [meilleur], Celui qui répond au désespéré quand il L'invoque, qui dissipe le malheur et qui fait de vous les héritiers de la terre ? Y a-t-il une divinité avec Allah ? Bien peu vous vous rappelez. » (Qurʾān, 27:62). C'est une preuve supplémentaire d'une croyance intrinsèque et subconsciente en une puissance au-dessus et au-delà des causes matérielles et de leurs effets.
Quatrièmement, l'attente immédiate et naturelle de justice chez un nourrisson (ou un enfant ou un adulte) lorsqu'il est opprimé ou lésé est la preuve qu'il est câblé avec une norme objective de justice qui émane d'un autre être [Allāh]5 et qui découle de l'équilibre, de la justice et de l'ordre de l'univers. « Et le ciel, Il l'a élevé, et Il a imposé la balance [de la justice], afin que vous ne transgressiez pas dans la balance. » (Qurʾān, 55:7-8).6
Cinquièmement, l'ensemble de tous les systèmes, indépendants ou entrelacés, de causes matérielles (asbāb) et de leurs effets (musabbabāt) est une preuve de leur initiateur et de celui qui les a déterminés, qui doit être extérieur à leur ensemble. « Alors qu'Allah vous a créés, vous et ce que vous faites. » (Qurʾān, 37:96). C'est-à-dire : vous inventez et créez des choses de vos propres mains, en étant soutenus en cela par des causes matérielles et des effets qui ont été placés à votre usage, et Allāh est votre créateur et le créateur de ce que vous faites et des causes et effets sur lesquels vous vous appuyez pour créer ce que vous faites ; n'est-Il donc pas digne de gratitude et de dévotion, à l'exclusion des divinités que vous fabriquez de vos propres mains ? Et si vous vous émerveillez de ce que vous créez de vos propres mains avec connaissance et habileté, alors vous devriez vous émerveiller de l'œuvre du créateur : « Certes, dans la création des cieux et de la terre, et dans l'alternance de la nuit et du jour, il y a des signes pour les gens doués d'intelligence. » (Qurʾān, 3:190).
Sixièmement, la fusion de la technologie avec les systèmes biologiques et l'étude des organismes biologiques pour mettre au point de meilleurs protocoles de conception et réaliser des innovations technologiques sont des preuves claires et indéniables d'une conception finalisée dans la vie biologique. On ne peut pas étudier l'ADN, par exemple, sans être stupéfait par le niveau étonnant de conception. Là où il y a conception, il s'ensuit un concepteur, par nécessité dans le raisonnement humain. Ce raisonnement n'est pas réfutable. Les athées savent que cet argument est logiquement contraignant et ne peut être facilement sapé.7 Incapables de le réfuter sur des bases purement rationnelles, leur position consiste à proposer une manière alternative et concurrente de regarder l'univers : il se serait créé lui-même et se serait auto-organisé de manière aléatoire et non dirigée pour produire les galaxies, les étoiles et les planètes et toute la diversité de la vie, mais sans avoir l'intention de le faire.
L'appel des Messagers de Dieu
Ce ne sont là que quelques-uns des nombreux types variés de preuves d'un créateur. La croyance en un créateur n'a jamais été niée par la grande majorité de l'humanité, et les Prophètes et Messagers n'ont pas été envoyés pour établir cette croyance. Les Messagers ont plutôt été envoyés avec la nécessité rationnelle (ḍurūrah) qu'exige la disposition innée et que justifie la raison saine, à savoir : montrer dévotion et gratitude à ce créateur seul pour les innombrables bienfaits et faveurs dont on jouit. C'est le monothéisme (tawḥīd), et c'est la justice et l'équilibre sur lesquels l'univers est établi. Ce fut le message central de Noé, d'Abraham, de Moïse, de Jésus et de Muḥammad (que la paix soit sur eux tous), et c'est le fondement de l'Islām.
La fausse religion
Au cours de l'histoire, les gens ont dévié de la disposition innée (fiṭrah), de la raison saine (ʿaql) et du message des Prophètes (risālah), et ont commencé à donner à d'autres une part de la dévotion qui n'est due de droit qu'au créateur. L'adoration d'autres que lui, qu'il s'agisse d'humains, des corps planétaires dont la Terre, le soleil et la lune, des forces ou des éléments, des arbres, des pierres, voire des Prophètes eux-mêmes ou des vertueux, vivants ou morts, est la plus grande injustice (dhulm). Dans la terminologie islamique, on l'appelle l'associationnisme. C'est une violation de la vérité sur laquelle l'univers se tient et perdure.8 Lorsqu'une religion est fondée sur l'adoration d'autre qu'Allāh, ou porte exclusivement le nom d'un individu, prophète ou autre, ou d'une race, ou d'un élément parmi les éléments, ou d'une force parmi les forces, ou d'une cause parmi les causes, ou d'un effet parmi les effets, ou de toute partie de ce que l'on appelle la nature, on sait qu'elle ne vient pas d'Allāh. C'est une fabrication, une invention de l'esprit humain. Hormis le nom d'Islām, les noms de toutes les religions sont fabriqués et inventés et ne reflètent pas le message véritable et originel du pur monothéisme (tawḥīd) et de la soumission (islām) avec lequel chaque Prophète est venu. « Ô hommes, adorez votre Seigneur, qui vous a créés, vous et ceux qui vous ont précédés, afin que vous deveniez pieux ; [Lui] qui a fait pour vous de la terre un lit [étendu] et du ciel un toit, et qui a fait descendre du ciel une pluie par laquelle Il a fait sortir des fruits pour vous nourrir. Ne donnez donc pas à Allah des égaux alors que vous savez [qu'il n'y a rien de semblable à Lui]. » (Qurʾān, 2:21-22). La plus grande injustice est d'attribuer des associés à Dieu dans l'adoration tout en reconnaissant qu'Il est votre créateur, votre pourvoyeur et votre bienfaiteur.
Par Abu ʿIyaaḍ | aboutatheism.net
Version 1.1. [25/02/1436H] - [17/12/2014CE]
Notes
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Comme l'argument cosmologique du kalām. ↩
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Fondé sur les recherches menées à l'Université d'Oxford par Justin Barrett et Olivera Petrovich ; voir aussi Humans may be primed to believe in creation, New Scientist, 29 février 2009. ↩
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Rapporté par Muslim. ↩
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Dans son débat « Fixed-Point » à l'Université de l'Alabama (2007). ↩
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Ibn Taymiyyah fait allusion à cette preuve dans ses écrits. ↩
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Voir les commentaires d'al-Saʿdī et d'al-Baghawī, qui indiquent que l'oppression est une déviation de l'équilibre. ↩
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Richard Dawkins l'admet dans son livre The God Delusion. ↩
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Il est vain d'adorer des parties de la création (comme les corps planétaires, les humains et les éléments) ou l'une quelconque des innombrables causes matérielles et de leurs effets, et encore plus vain de leur attribuer un pouvoir créateur indépendant. C'est un outrage à la raison et une déviation de la disposition innée. ↩